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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 40.djvu/233

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




L’opération, si heureusement commencée, il y a quinze jours, entre Ypres et Armentières, par celle des armées anglaises qui est aux ordres du général sir Herbert Plumer, l’a conduite, sur le canal de Comines. la Lys, la Douve et la Warnave, à des résultats très intéressans en eux-mêmes, et gros peut-être, pour la suite, d’événemens beaucoup plus importans encore. Le moindre de ces résultats, déjà acquis, n’est pas que, des crêtes où ils sont montés, nos vaillans et perse vérans alliés commandent toutes les vues de la vallée et de la plaine ; que, de là-haut, ils lisent sur le terrain comme sur la carte, et peuvent, en connaissance de cause, choisir leur objectif, mesurer les difficultés, préparer les voies et moyens, adapter leur plan, dans le détail, aux circonstances du temps et des lieux. Ainsi l’action se conforme aussi exactement que possible à ses conditions, le succès en est assuré, et le coût en est réduit autant que possible. Des objectifs que peut maintenant se proposer l’état-major britannique, en accord avec le nôtre, nous ne savons rien, et nous en aurions deviné quelque chose, que nous ne dirions rien, mais l’atlas parle, il n’y a qu’à l’interroger. Ce que nous savons bien, ce que des témoignages enthousiastes nous rapportent, c’est que l’état matériel et moral de l’armée anglaise est magnifique ; qu’elle est, aux approches de la quatrième année de guerre, très supérieure à ce qu’elle était les deux premières années ou même la troisième, et que sa tactique en découle : pression constante d’une force croissante. Sur tout le reste, il vaut mieux nous taire, regarder et attendre.

Nous avons de quoi regarder, dans un silence patient, mais actif, car le vrai sens d’attendre, pour nous, c’est espérer. Le général Pershing, désigné pour être le chef des troupes américaines qui vont