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qui unit Rovereto à Schio et à Vicence ; le Val Terragnolo, qui conduit de Rovereto à Arsiero ; le Val de l’Astico, qui, de Lavarone, en territoire autrichien, conduit également à Arsiero, en territoire italien ; plus au Nord, dans la zone contiguë à celle-là, s’ouvre le large et fertile Val Sugana, que suit la belle route conduisant d’un côté à Feltre, de l’autre à Bassano, et, beaucoup plus bas, à Padoue. Entre toutes ces vallées, pour la plupart étroites, surgissent des masses rocheuses et neigeuses dont les sommets avoisinent ou dépassent 2 000 mètres. Durant la première période de la guerre, pendant l’été et l’automne de 1915, les troupes italiennes avaient pu franchir la frontière dans la vallée de l’Adige ; ainsi que le rappelle M. Romano Guerra, du Giornale d’Italia, à qui nous empruntons ce résumé, elles étaient arrivées à y conquérir Borghetto, Ala, Brentonico, Serravalle, et, en dernier lieu, le village de Marco, à 7 kilomètres, à peine, au Sud de Rovereto ; dans le Val d’Arsa, elles s’étaient emparées de Val morbia, à 9 kilomètres au Sud-Est de Rovereto ; dans le Val Terragnolo, elles avaient presque atteint le petit village de Piazza, à 8 kilomètres à l’Est de Rovereto. Ainsi Rovereto se trouvait placé comme au centre d’un cercle de fer qui lentement se resserrait, mais que l’Autriche ne pourrait laisser se fermer tout à fait, car, Rovereto défendant d’une part Trente même, de l’autre la formidable ligne de forts dont se hérisse la frontière si artificieusement tracée : Dosso del Sommo, Sommo Alto, Chérie, Belvédère, Folgaria, la Fricca, Finonchio et Luserna, d’où les obus tombent sur Arsiero, à 11 kilomètres, ce serait, aux mains des Italiens, non seulement la clef de leur propre maison, désormais close et interdite, mais la clef du Trentin méridional, de cette autre maison que l’Autriche prétend à elle, qu’ils disent à eux par héritage, où ils ne sont jamais rentrés depuis qu’elle leur a été prise, et qui leur serait désormais ouverte.

Tel est donc l’aspect du terrain. À l’Ouest, sur le front du Val Lagarina à la tête du Val d’Arsa, l’artillerie autrichienne exécuta, le 11 mai, un violent bombardement qui fut suivi, le lendemain lundi 15, d’une attaque d’infanterie, à l’allemande, en colonnes profondes, contre la partie du front italien comprise entre l’Adige et le haut Astico. Au bombardement du 14, l’artillerie italienne avait riposté avec vigueur et efficacité ; le 15, après avoir résisté vaillamment aux assauts répétés de l’infanterie autrichienne et lui avoir infligé des pertes considérables, les troupes royales se replièrent de leurs positions les plus avancées sur leurs lignes principales de défense. Le 16, tandis que, sur le reste du front, continuaient à se développer des actions d’artil-