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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/923

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En contemplant ses traits apaisés par la mort,
Nous oublierons enfin peut-être
Les affres du supplice et nous dirons : Il dort,
Il ne souffrira plus, le Maître.

Au soleil levant,
La tombe est ouverte,
La crypte est déserte :
Le Christ est vivant !

Il n’est pas resté
Dans le noir mystère ;
Il n’est plus sous terre,
Le Ressuscité.

Triomphant il sort
Du funèbre abîme :
La sainte victime
A vaincu la mort.

Ne le cherchez plus
Parmi la poussière :
C’est dans la lumière
Qu’habite Jésus.


LES VOYANS


Quand vers les vains trésors d’autres tendaient la main,
Poursuivant le plaisir comme on chasse une proie,
Eux portaient les fardeaux sous lesquels l’âme ploie
De l’aurore à la nuit, du soir au lendemain.

S’immolant chaque jour, ils ont pris le chemin
De la mort héroïque et sans gloire, la voie
Du sacrifice obscur ; ils ont cherché la joie
Au-delà de la vie et de l’amour humain.