Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/66

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les travaux de Dalton et dans ceux de Gay-Lussac. Les conceptions si simples d’Haiïy sur la matière cristallisée lui font découvrir les lois fondamentales de la cristallographie.

La mécanique chimique et la chimie physique relèvent de la statique chimique de Berthollet qui a montré que, dans les réactions chimiques, il faut tenir compte des conditions physiques. Dulong montrait ensuite que dans la décomposition des sels peut intervenir la masse des réactifs. Puis viennent les travaux de Berthelot sur l’éthérification, et de Sainte-Claire Deville et de ses élèves sur la dissociation. Les notions ainsi acquises d’équilibre chimique et de transformations réversibles ont été depuis lors l’objet d’un nombre immense de recherches, où l’Allemagne a apporté sa part, mais n’a pas en somme introduit les idées essentielles. La mécanique chimique et la chimie physique ont trouvé leur plus grand théoricien dans l’Américain Willard Gibbs qui, dès 1875, faisait connaître des résultats généraux sur les équilibres chimiques et sur la dissociation, retrouvés depuis de divers côtés par une voie indépendante

Dans les sciences naturelles, l’orientation des recherches a été changée depuis Lamarck et Darwin. La biologie tout entière est dominée aujourd’hui par l’idée d’évolution, idée qui fut d’ailleurs un ferment puissant dans d’autres domaines, comme la philosophie et l’histoire. Lavoisier doit être compté parmi les grands physiologistes ; il a le premier assimilé la respiration pulmonaire à une combustion. Bichat a fondé l’Anatomie générale et a été le créateur de la science des tissus. On a pu dire de Claude Bernard qu’il fut la physiologie elle-même ; c’est surtout à lui que la physiologie est redevable de la démonstration de la nature physico-chimique des actes élémentaires de l’organisme, et un de ses plus beaux titres de gloire est d’avoir créé la physiologie cellulaire, base principale de la physiologie générale. Il a été aussi l’initiateur de la doctrine des sécrétions internes dont Brown-Séquard montra ensuite la véritable portée.

L’œuvre de Cuvier est immense ; ses trois grands ouvrages sur l’Anatomie comparée, sur les ossemens fossiles, et sur la distribution du règne animal d’après son organisation ont transformé les sciences zoologiques. On n’a pas oublié les débats célèbres entre Cuvier et un autre grand naturaliste du