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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/588

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aussi était bien à portée de la main… Nous avons seulement rencontré, en traversant la forêt de Bezanges, une patrouille de fantassins du 3e qui, nous prenant pour des uhlans, avaient juré notre mort… Ils nous ont reconnus à temps, et avec quels regrets !…

Au cours de ce raid, — une trentaine de kilomètres en moins de trois heures, avec de nombreux arrêts, — j’ai pu me rendre compte avec joie que j’étais bien monté ; ma petite « Baïonnette » trottait très agréablement, galopait de même et — surprise ! — sautait : j’en étais ravi.

Partout où nous avions passé, ce n’étaient que tranchées, fils de fer, emplacemens de mitrailleuses, etc. ; cela donnait confiance.

Deux jours après (mardi 11), reconnaissance. Verlaine-sous-Amance. Chaleur. Le pays accidenté est assez joli, surtout la vallée de la Seille avec ses bois touffus et ses villages aux tuiles rouges, bondés d’infanterie et de cavalerie qui envoyaient des patrouilles de tous les côtés ; décidément, « ils » trouveraient de suite à qui parler.

Le samedi 12, vers midi, nous partons pour Réméréville, où nous arrivons vers 15 heures ; la chaleur était étouffante ! On forme le parc dans une prairie où chacun se vautre, haletant, quelques minutes avant de rien installer. On se mit péniblement au travail. Le soir, on plaça les pièces aux quatre points cardinaux, avec leurs caissons, pour tirer sur les aéros qui avaient fait leur apparition. Cantonnement dans une grange. Avec nous, beaucoup d’infanterie : on sentait que nous aurions bientôt du travail.

Le lendemain (jeudi 13), nouvelle reconnaissance. On prépare pour bientôt l’offensive générale.


IV. — L’OFFENSIVE. — COMBAT D’ARRACOURT

Elle se produit, en effet, le lendemain 14, jour anniversaire de la bataille de Borny. De bon matin, par des chemins de traverse, nous rencontrons la division de cavalerie de Lunéville (sauf les hussards) et son artillerie de 75 court, nouveau modèle. Puis, l’infanterie passe devant nous et se cache dans les bois. Un Blériot ronronne au-dessus de nos têtes, des estafettes galopent… Nous sommes huit corps d’armée, nous dit un