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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/480

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arrangé, puisqu’on paraît, à Washington, tenir si fort qu’il en soit ainsi ; mais, à Berlin, on ajourne la réponse qu’il faudra bien faire un jour ou l’autre et devant laquelle on est évidemment perplexe.

La conclusion de la note américaine est, en effet, parfaitement précise. « Le gouvernement des États-Unis, y lisons-nous, renouvelle très solennellement et d’une façon pressante les représentations renfermées dans la note du 15 mai au gouvernement allemand, s’en reposant pour leur justification sur les principes humanitaires, sur les conventions internationales universellement reconnues et sur la vieille amitié de la nation allemande. » Il ne faudrait pas que le mot de la fin fît oublier ce qui précède, alors qu’il paraît bien ne pas avoir beaucoup plus d’importance que la formule de salutations qui termine une lettre. Dans le cours de sa note, M. Wilson rappelle tous les principes, toutes les conventions, toutes les règles du droit commun que l’Allemagne a violés. Il s’élève même au-dessus du droit écrit, quelque valeur qu’il ait pour son esprit foncièrement juriste et, repoussant d’avance comme moralement inopérantes les indemnités matérielles qu’on pourrait lui proposer : « Le gouvernement des États-Unis soutient, dit-il, quelque chose de plus élevé que de simples droits de propriété et des privilèges commerciaux : ce qu’il soutient, ce n’est rien moins que les droits sacrés de l’humanité que tout gouvernement tient à honneur de respecter et qu’aucun gouvernement ne peut se croire autorisé à abandonner au nom de ceux qui sont placés sous sa protection. » En conséquence le gouvernement américain déclare qu’il « est dans l’impossibilité d’admettre que la déclaration de la zone de guerre navale puisse à un degré quelconque diminuer les droits des citoyens américains qui se trouvent de passage sur des bâtimens marchands appartenant à une nation belligérante : il ne comprend même pas que le gouvernement allemand puisse mettre de tels droits en doute. Le gouvernement des États Unis reconnaît également comme un principe indubitable que les vies des non-combattans ne peuvent légitimement être mises en danger par suite de la capture ou de la destruction d’un bâtiment neutre qui n’offre aucune résistance, et comme une obligation la prise de toutes les précautions nécessaires en vue de déterminer si le bâtiment marchand suspect appartient en fait à un belligérant quelconque ou transporte réellement de la contrebande de guerre sous un pavillon neutre. Le gouvernement des États-Unis s’attend fort justement à ce que le gouvernement impérial allemand adopte les mesures nécessaires à la mise en pratique des principes ci-dessus mentionnés, en ce qui concerne la