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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/320

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12 novembre frappe d’un droit les billets d’entrée aux cinématographes ; celui du 15 novembre majore les droits de timbre des lettres de change ; institue un timbre spécial pour les jugemens en matière civile et commerciale ; celui du 19 novembre introduit des règles de perception nouvelles pour les légalisations de signatures ; celui du 22 novembre étend l’application du droit de statistique. La plupart de ces modifications sont entrées en vigueur le Ier janvier 1915. Four couvrir les dépenses extraordinaires de l’exercice 1914-1915, le ministre a encore eu recours à une augmentation de la circulation fiduciaire et à l’émission d’un emprunt consolidé. Il s’est fait autoriser à demander aux instituts d’émission une augmentation de leurs avances.

Parmi les symptômes favorables de la puissance financière de l’Italie, il convient de citer le cours de ses fonds publics, dont la tenue, depuis une vingtaine d’années, a été remarquable. Les prix élevés qu’ils ont atteints et conservés pendant longtemps étaient dus à deux causes principales : la bonne situation budgétaire, qui permettait détenir le Grand Livre de la Dette fermé, et l’esprit de sagesse des habitans du royaume, qui épargnaient et plaçaient de préférence leurs économies en rente nationale. Celle-ci dépassa à un moment le pair, et s’éleva jusqu’aux environs de 104, bien que le taux en fût réduit à 3 3/4 pour les années 1907-1912, et à 3 1/2 à partir du 1er janvier 1912. Elle a, depuis le mois d’août 1914, payé son tribut à la baisse générale des fonds d’Etat dans le monde ; mais, jusqu’à l’entrée en campagne de l’Italie, elle avait conservé un niveau relativement élevé. Depuis 1881, le cours le plus bas avait été coté en 1894 : la rente italienne à Paris tomba un moment à 71 francs ; au change de 115, ce prix correspondait à la cote italienne de 82, exprimée en lire. A l’heure où nous écrivons, les transactions ont peu d’importance : on voit les cours de 70 en France et de 75 à Milan. On peut rappeler à ce propos que le 4 juin 1866, à la veille de Sadowa, la rente italienne 5 pour 100 était tombée à 36 à la Bourse de Paris.

Il est à noter que le service d’intérêt de la rente perpétuelle, en 45 ans, ne s’était augmenté que de 89 millions : 359 en 1913 au lieu de 270 en 1868. Dans le même intervalle, l’intérêt des rentes amortissables avait passé de 58 à 90 millions, celui de la dette variable de 75 à 148 millions ; la dette