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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/315

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disparaître la dette. Le décret du 14 juin 1866 a reconnu la personnalité civile à cette Caisse, qui est alimentée par des dons volontaires. Importans au cours des premières années, ils se sont beaucoup ralentis depuis. Au 1er janvier 1915, la fortune de l’institution s’élevait à 90 millions de lire, placés en rente 3 1/2.

C’est le compte annuel, que nous appelons budget et que les Italiens nomment bilancio, qui donne la véritable physionomie des finances d’un pays. Il se divise en trois parties : les entrées et sorties effectives, la construction des chemins de fer, le mouvement des capitaux. Dans la première se trouvent les recettes et les dépenses qui correspondent aux services publics. La seconde n’est pas, il faut bien le remarquer, un budget de l’exploitation, mais seulement de la construction des chemins de fer. La troisième est spéciale à la comptabilité italienne et procède de la préoccupation qu’ont nos voisins de mettre en lumière les augmentations ou les diminutions du patrimoine public. Elle enregistre les recettes du Trésor, correspondant à de nouveaux engagemens pris par lui, et ses dépenses, occasionnées par des remboursemens de dettes. Par conséquent, l’argent qui entre dans ce compte représente un endettement, celui qui en sort un allégement de charges. Lorsque les autres parties du budget accusent un déficit, il est couvert au moyen d’une recette du compte « mouvement des capitaux. » Si elles sont eh excédent, cela permet d’effectuer des amortissemens. De 1862 à 1912, il est entré dans ce compte 4 milliards et demi de lire qui ont servi à combler les déficits budgétaires et à alimenter le compte construction de chemins de fer. Ces fonds ont été procurés par des emprunts ou des aliénations de propriétés domaniales.

Chaque budget, qui embrasse la période du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante, passe trois fois devant le Parlement. Le ministre du Trésor présente d’abord le Bilancio di previsione, c’est-à-dire l’estimation des recettes et des dépenses ; au cours de l’exercice, l’expérience ayant permis de rectifier sur bien des points les prévisions, il établit l’assestamento, c’est-à-dire un compte se rapprochant autant que possible de la réalité ; enfin, après que l’année financière est close, il en dresse le résultat définitif, qui s’appelle le consuntivo. Celui-ci correspond à la loi de clôture de nos budgets, que le Parlement français vote après