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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/552

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l’on a continué les années suivantes, pour arriver aux 93 millions récens des nouvelles taxes sur les valeurs mobilières.

Si l’on veut procurer à la France de nouvelles ressources stables, c’est à l’ensemble des forces contributives du pays qu’il faut faire appel, et non toujours à une catégorie restreinte de ces ressources. Nous avons souvent signalé que l’établissement d’un décime ou d’un décime et demi sur l’ensemble des contributions existantes (à.peu d’exceptions près) serait la première mesure à prendre, la plus efficace ou plutôt la seule sans laquelle aucune combinaison ne peut avoir d’efficacité. On a commencé, mais d’une manière incomplète, à recourir à ce moyen. Il conviendrait de le généraliser. D’autres ressources nombreuses se présentent. On ne voit pas notamment pourquoi l’on n’augmenterait pas, dans une mesure raisonnable, les droits sur les denrées coloniales, café, cacao, thé, qui, tout en étant des objets de consommation générale, n’ont pas un caractère de nécessité, alors qu’il est question d’accroître les taxes sur les boissons nationales, ni pourquoi l’on n’élèverait pas dans une certaine mesure les taxes sur les transports de voyageurs, celles du moins en première et en seconde classe, abaissées naguère, et lesquelles ont un rapport évident avec l’aisance ou la richesse ; c’est à titre simplement d’exemple que nous citons ces ressources, nombre d’autres étant dans le même cas. De même, on ne voit pas pour quelle raison on ne rétablirait pas des taxes modiques sur la navigation intérieure, pour le simple entretien des canaux et des rivières, ainsi que cela existe en Allemagne. Il serait indispensable de faire rentrer dans le budget les produits du pari mutuel, qui donnent lieu aux crians abus dont une élection dernière sensationnelle a fourni la preuve éclatante ; on y trouverait une disponibilité appréciable, de même dans la taxation efficace des jeux ; plusieurs dizaines de millions, au grand avantage de la moralité publique, pourraient tomber de ce chef dans les caisses de l’Etat.

Les inventions et applications industrielles des temps récens fournissent aussi une matière à taxation qui a un certain rapport avec l’aisance et la fortune : pourquoi le gaz et l’électricité sont-ils exempts de toute taxe, quand le pétrole, les bougies et les allumettes sont lourdement taxés ? D’où vient cette immunité pour l’éclairage de luxe, alors que les anciens et modestes moyens d’éclairage sont imposés ? Quelques dizaines de millions