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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/400

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24 août. — Mme la Duchesse d’Orléans vient d’accoucher d’un fils bien désiré par la famille royale. Le corps diplomatique a été appelé immédiatement à la Cour ; il a été reçu par le Roi, la Reine, le Duc d’Orléans et tous les princes et princesses, dans le salon de l’accouchée. Leurs Majestés firent cercle et présentèrent le jeune prince aux ambassadeurs. Mme la comtesse de Lobau, première dame d’honneur de Mme la Duchesse d’Orléans, avait le nouveau-né dans ses bras et le montra a tous les membres du corps diplomatique, en faisant le tour du salon.

Le petit Comte de Paris est blanc et rose ; il dormait tranquillement et avait l’air d’une poupée de cire. Le Duc d’Orléans nous dit : « Messieurs, je vous présente mon fils ; il est déjà chrétien. » Le petit prince venait d’être ondoyé dans la chapelle des Tuileries par l’archevêque de Paris. Le baptême solennel aura lieu au mois d’octobre à Notre-Dame, ainsi que l’exige l’étiquette. Il y aura des fêtes à cette occasion ; mais il y en aura aussi de publiques mercredi prochain.

La Duchesse d’Orléans a beaucoup souffert pendant les douze dernières heures et elle a été d’une faiblesse extrême après sa délivrance…


28 août. — Hier a eu lieu le Te Deum à l’église de Notre-Dame [1]. On nous avait dressé une tente, dans la grande nef, devant laquelle on a placé notre tribune en face de celle des pairs du royaume. Dans cette tente, qui servait de salle de repos pour le corps diplomatique, on avait poussé les soins et prévisions jusqu’à établir un certain dégagement au beau milieu de la cathédrale. Le Roi a été reçu avec de très vives acclamations, mais il a été mécontent du discours que l’archevêque lui a tenu à l’entrée, au parvis de l’église.

La Duchesse d’Orléans a failli être victime de l’imprudence de ses femmes de chambre. Immédiatement après ses couches, tout le monde fut tellement ravi de la naissance d’un prince, que les médecins et l’accoucheur même suivirent, avec les dames d’honneur, le Roi, la Reine et les princes qui allèrent, avec le nouveau-né, dans les salons où une foule de monde et l’archevêque les attendaient. Pendant ce temps, la Duchesse d’Orléans, livrée à elle-même, crut pouvoir changer de lit. Ses femmes de

  1. Pour la naissance du Comte de Paris,