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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/200

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la navigation, qui sont régulièrement en déficit. Le ministre des Finances Costinesco, dans son exposé des motifs du budget 1910-11, déclarait que celle-ci est une des plaies des finances roumaines ; elle est en perte annuelle de 2 millions, sans compter les dépenses extraordinaires. Il en est de même du chantier de Turnu-Severin, au bord du Danube. « En dehors des postes et télégraphes, disait le ministre, qui donnent environ 2 millions de bénéfice, des chemins de fer dont les profits couvrent environ la moitié de l’annuité de leur capital de fondation, tous les autres services publics ne laissent aucun bénéfice, ne couvrent rien de l’annuité de leur capital de fondation. Malgré cela, l’État est obligé de fournir ces services au pays. Seul l’avenir, en élargissant la vie publique et économique, en améliorant les élémens par lesquels sont dirigées les administrations publiques, allégera la charge des contribuables. » Heureusement pour la Roumanie, ces diverses sommes n’atteignent pas un total bien considérable et n’ont pas empêché les premiers budgets du XXe siècle de se solder régulièrement par des excédens. Le capital engagé dans les chemins de fer de l’État, dont la longueur dépasse 3 400 kilomètres, est d’environ 1 milliard. On a calculé qu’il va y avoir près d’un demi-milliard à dépenser en travaux sur le réseau, notamment pour l’étendre, pour doubler les voies et augmenter le matériel. Celui-ci est insuffisant et une partie des récoltes se perd faute de pouvoir être transportée en temps utile.

Le commerce extérieur ne cesse de se développer : il a passé de 646 millions de francs en 1901 à 1 026 millions en 1910. Les exportations ont progressé plus rapidement que les importations : en 1910, elles ont dépassé celles-ci de 206 millions. Dans la période 1901-1912, les recettes des chemins de fer, qui sont tous entre les mains de l’Etat, se sont élevées de 55 à 110 millions, laissant un excédent de 45 millions sur les dépenses d’exploitation. Les banques sont au nombre de 183, au lieu de 30 en 1901 : elles ont près de 400 millions de dépôts et de comptes-courans.

Le système monétaire et fiduciaire du pays repose en partie sur la Banque Nationale, un des meilleurs établissemens d’émission du monde : fondée en 1880, elle a le monopole de la création des billets au porteur. Ses réserves représentent presque le triple du capital social, qui est de 12 millions de lei,