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La responsabilité de la rupture entre la Révolution de l’Eglise


La question religieuse a été l’écueil de la Révolution. On n’aimait pas à en convenir naguère, de peur sans doute d’attribuer trop d’importance au sentiment religieux. Ainsi M. Aulard, dans son Histoire politique de la Révolution française, où il se propose d’étudier « les faits qui ont exercé une influence évidente et directe sur l’évolution politique, » ne parle pas de la Constitution civile du clergé. On n’en est plus là aujourd’hui. : M. Mathiez, président de la Société des Etudes robespierristes, qui n’est pas suspect de complaisance pour le cléricalisme, écrit dans l’introduction de son dernier ouvrage (Rome et le clergé français sous la Constituante) : « La plupart des historiens, pour ne pas dire tous, s’accordent à proclamer que la rupture de la France avec Rome fut la grande faute de la Constituante, et peut-être l’événement capital de la Révolution française, car de cette rupture sortit la révolte des catholiques contre le nouveau régime, et, par voie de représailles, la Terreur, suivie elle-même de la longue réaction qui aboutit, après bien des soubresauts, au Concordat et à l’Empire. » Les manuels scolaires les plus répandus donnent la même note : « La Constitution civile fut la