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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/121

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de Chantilly. Il l’y attendit, la reçut et lui offrit à dîner, après quoi, la Reine revint à Paris et le Duc d’Orléans coucha à Chantilly.

— La Reine, me disait la princesse Clémentine à qui je parlais des courses faites au Raincy par les princes, la Reine, malgré son indulgence pour Chartres (on l’appelle encore toujours ainsi en famille) et pour Nemours, a été peu satisfaite d’entendre le récit des courses auxquelles ils ont pris part sans le consentement du Roi. Je ne les conçois pas d’ailleurs dans cette occasion, c’est tout à fait inconvenant.

— Je partage en quelque façon, dis-je, l’opinion de la Reine ; je crois comme elle que l’héritier présomptif, dont la vie est si précieuse au pays, n’a pas le droit de l’exposer, dans une occasion où il ne s’agit que de son plaisir et de la mince gloire d’arriver au but une demi-seconde plus tôt qu’un autre.

— On m’a dit que votre cousin Jules, reprit la princesse, a aussi couru au Bois de Boulogne.

— Oui, princesse. Ce n’était à la vérité qu’une course simple qui était sans danger ; mais, malgré cela, j’aurais autant aimé qu’il ne la fit pas, et, s’il m’avait consulté, il ne l’aurait certainement pas faite.

— Il ne vous en a donc rien dit ?

— Certes non, princesse, ni ses parens, ni son frère, ni moi n’en savions rien ; ce n’est que par les assistans que nous l’avons su, le lendemain.

La Reine et Madame Adélaïde m’ont- parlé du voyage de Mgr le Duc d’Orléans. L’agrément de l’Empereur est arrivé depuis quelque temps par le télégraphe et le même jour celui de la Prusse. J’ai dit à Sa Majesté que j’espérais bien que Messeigneurs s’amuseraient à Vienne et que, certainement, Sa Majesté l’Empereur mettrait tous ses soins à leur rendre le séjour de Vienne aussi agréable que possible ; que, dès à présent, l’Empereur s’était informé de la durée de leur séjour, afin que toutes les journées fussent bien et dûment employées.

— Je suis très reconnaissant de la bonté de l’Empereur pour mes fils, m’a répondu la Reine ; mais voyez-vous, comte Rodolphe, je m’inquiète fort peu de savoir s’ils s’amuseront ou non ; l’essentiel est qu’ils y soient le plus possible avec l’Empereur et l’Impératrice, les oncles de l’Empereur et avec l’archiduc François.