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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/942

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beaux Gestes du poème, choisis et commentés par M. T. de Wyzewa. M. Frantz Funck-Brentano a résumé simplement, — en historien très informé et très érudit, — la vie de Jeanne d’Arc, dans un album où M. Guillonnet a retracé en d’émouvantes aquarelles les principales scènes du drame hé roupie.

Dans un temps où tout évolue, se transforme ou renaît, la faveur est restée aux choses de nos XVIIe et XVIIIe siècles, à cette époque par excellence de littérature et d’art, dont les œuvres, exemples parfaits de la splendeur et de la grâce, de la délicatesse et de l’élégance, ont su traduire les caractères les plus purs du goût français. Les caprices de la mode les ont respectés et, en s’attachant à en reproduire les plus beaux modèles, le choix des éditeurs n’a fait que suivre, en le favorisant, celui du public, lassé des fantaisies archaïsantes et de tant d’inventions hallucinantes. Artistes, gens du monde, historiens et gazetiers, il n’est point de contemporain dont le témoignage, pourvu qu’il soit piquant s’il n’est toujours véridique, ne serve à esquisser le tableau de la société la plus brillante, la plus humaine et la plus ouverte qui fût jamais aux séductions de l’art comme aux audaces de l’esprit. A l’évoquer, le vrai XVIIIe siècle, dont bien des parties demeurent encore obscures et ignorées, se dégage, chaque jour, peu à peu des brumes d’antan, pour nous apparaître à l’horizon plus clair dans une perspective plus rapprochée.

Parmi les ouvrages qui ajoutent quelques touches agréables, quelque trait piquant à l’esquisse des mœurs et des caractères de cette époque, les Champs-Elysées [1]est l’un des plus intéressans. Avec ses illustrations dans le texte et ses vieilles estampes d’une élégante exécution, il s’adresse à tous ceux qui, de l’histoire, aiment surtout les anecdotes, les petites scènes d’intérieur comme les tableaux de la vie extérieure, avec ses divertissemens, ses promenades, ses bals, ses cafés, ses théâtres, toutes ses folies et ses excentricités.

Dans une étude très documentée et très précise, MM. Paul d’Ariste et Maurice Arrivetz, nous racontent l’histoire des Champs-Élysées, dont l’emplacement, au temps où Camolugène luttait contre Labiénus sur les hauteurs de l’Étoile et des Ternes, était couvert d’une épaisse forêt de chênes, la forêt de Rouvray. Là, nos ancêtres poursuivaient les animaux sauvages et en rapportaient les dépouilles dans leurs huttes sur pilotis de la rue Grange-Batelière. Jusqu’au XIIe siècle, ce n’étaient que marais s’étendant jusqu’à la forêt de Rouvray, — dont le bois de Boulogne est un vestige : — le blé couvrait la plaine, les bêtes

  1. Emile-Paul.