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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/687

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conventions et de préjugés passés en principes, en articles de foi.

Un autre débat, non moins ancien, non moins grave, semble renaître, après une longue paix, entre les modes et la tonalité. M. Maurice Emmanuel, en fervent disciple de Bourgault-Ducoudray, souhaite et voudrait assurer aux premiers la victoire. Certains symptômes lui permettent au moins de la leur prédire. Qui ne voit avec lui quel en serait l’honneur et le bienfait pour la musique future ! Il n’est pas de question, même aride, même rébarbative en apparence, et par le seul énoncé, dont l’historien ne sache nous faire entrevoir, sinon comprendre toujours et tout entier, l’intérêt supérieur. Histoire de la tierce ou de la quinte, histoire du majeur ou du mineur, autant d’histoires, de contes aux noms étranges, contes de fées à leur manière, eux aussi lointains et mystérieux. Qui nous dira le pouvoir sur nous, à travers les âges, d’une note un peu plus basse, un peu plus haute, et tout ce que peut contenir, de l’esprit ou de l’âme humaine, un intervalle de deux sons !

A propos du moyen âge et du plain-chant, l’occasion était belle pour M. Maurice Emmanuel de défendre une fois de plus l’idéal, — et la pratique aussi, — de la vraie musique d’église. Il n’y a pas manqué. Du temps qu’il était maître de chapelle dans une de nos grandes paroisses parisiennes, il avait bien déjà servi cette cause. Il apprit même alors, — à ses dépens, — le prix que peut coûter un semblable service. Mais ses malheurs n’ont point abattu sa fierté. Accompagnement, ou plutôt non accompagnement des mélodies grégoriennes ; rôle de l’orgue pendant l’office divin ; prononciation du latin : sur toutes ces questions, dont la dernière, débattue hier encore, est aujourd’hui décidée, ou devrait l’être, par la plus auguste des interventions, le docte professeur au Conservatoire a repris et rassemblé les raisons qui militent pour la réforme liturgique et finiront par en assurer le triomphe.

Etes-vous plus curieux de faits plus nouveaux, relativement ? Alors lisez, dans un des chapitres consacrés à l’époque moderne, l’histoire, en raccourci, des deux systèmes, l’un d’association, l’autre de séparation qui tour à tour ont régi les rapports entre la mélodie et l’harmonie. Le rôle d’un Sébastien Bach est ici résumé d’une manière originale et forte, sans compter que justice y est rendue, en passant, à chacun de ces deux élémens, dont l’action isolée, autant que l’action commune, peut avoir sa raison et sa beauté.

Enfin, parmi tant d’études diverses, il n’en est pas de plus sérieuse, de plus « poussée, » que l’étude des formes ou des genres musicaux : fugue, suite, sonate, symphonie, variations. Nous ne