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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/579

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millions de piastres turques ; celles de l’année suivante, de 12 millions, soit environ 3 millions de francs. Malgré la sévérité de la gestion de Capodistrias, partisan énergique de l’économie la plus sévère, ces ressources restaient bien en deçà des sommes indispensables aux dépenses essentielles : celles de l’armée seule atteignaient 20 millions de piastres. Le gouverneur essaya d’émettre au dehors un emprunt, qui ne fut réalisé qu’après sa mort, survenue le. 26 septembre 1831. Le roi Othon obtint 36 millions, mais une bien faible partie de cette somme entra dans le pays ; des subsides russes et français alimentèrent le budget grec. L’Angleterre s’abstint presque complètement, et ne se décida qu’à la dernière extrémité à verser 500 000 francs en 1831, alors que la contribution de la France, y compris les dépenses de l’expédition du général Maison, atteignait déjà 20 millions. Des particuliers grecs et étrangers fournirent des sommes importantes ; La Grèce est peut-être le pays du monde où les dons volontaires des citoyens atteignent les chiffres les plus élevés. C’est un des traits qui honorent la nation et qui montrent le mieux la force du sentiment patriotique qui l’anime. Le Stade, un des ornemens d’Athènes, est dû à la libéralité d’un Hellène, qui a donné encore bien d’autres sommes à sa ville natale. Tout récemment, un de ses concitoyens dotait le ministère des Affaires étrangères de palais destinés à loger ses légations dans les principales capitales de l’Europe.

Pendant une longue période, il ne fut plus question de grandes opérations financières, jusqu’à ce que, le traité de Berlin ayant modifié la carte et partiellement transformé le régime d’une partie de l’Europe Orientale, la Grèce s’agita de nouveau et se reprit à préparer la réalisation de rêves séculaires. A plusieurs reprises, elle crut que l’heure avait sonné : et chaque fois elle n’hésita pas à se lancer dans des dépenses militaires auxquelles son budget ordinaire ne pouvait suffire. L’ère des grands emprunts extérieurs s’ouvrit. La part la plus forte de la dette grecque, 600 millions environ, a été contractée au cours des années 1880 à 1890. Les sommes reçues de ce chef ont servi à construire 760 kilomètres de chemins de fer, 2 500 kilomètres de routes, à acheter trois cuirassés, à couvrir les déficits budgétaires et surtout les frais des deux mobilisations de 1880 et de 1885.

Les charges des emprunts pesaient alors d’une façon