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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/441

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l’encombrement causé par les plates-formes de lancement n’est pas très sérieuse, parce que quand une escadre lancera ses aéroplanes en reconnaissance, l’ennemi ne sera pas en vue. Le poids d’un appareil ne dépasse pas une tonne. La piste de lancement, placée à six ou huit mètres au-dessus du niveau de la mer n’aura qu’une vingtaine de mètres de longueur. Donc, la plate-forme, se réduisant à une paire de rails rigidement fixés, pourra être montée et démontée en quelques minutes. Elle sera enlevée longtemps avant qu’on n’ait à se servir de l’artillerie.

Par temps moyen, même par brise fraîche, le roulis, qui peut gêner le départ, sera presque annulé si le bâtiment se place debout au vent au moment où l’éclaireur va prendre son vol.

Il est donc probable que la solution pratique du départ du bord n’est qu’une question de mise au point de matériel. Celle du retour à bord est et restera beaucoup plus difficile à résoudre. M. Conneau, dont l’opinion est à noter, puisque jusqu’à présent il est le seul officier de marine ayant acquis une renommée comme aviateur, écrivait, il y a bientôt deux ans, que cette manœuvre, assurément délicate, était « parfaitement réalisable pour un aviateur exercé. » Il indiquait comment elle doit se faire, et la description qu’il en donne laisse dans l’esprit d’un marin une impression favorable. Seulement, il ne suffit pas que la manœuvre soit réalisable. Elle doit être facile, pouvoir être fréquemment répétée en exercice ; et, ce résultat paraissant malaisé à atteindre, le retour direct à bord doit être réservé pour des circonstances exceptionnelles.

On poursuit aussi des expériences de lancement et de retour à bord « sous vergues, » c’est-à-dire en tenant ou en saisissant l’appareil suspendu au-dessus de l’eau par le travers du bâtiment. Il est facile d’imaginer l’aéroplane volant parallèlement au navire, diminuant sa vitesse, s’en rapprochant peu à peu, jusqu’à pouvoir être cueilli, pour ainsi dire, au passage, au moyen d’apparaux débordant de 7 à 8 mètres ; et ensuite « rentré » à bord. C’est plus facile à imaginer qu’à réaliser.


IX

Quoi qu’il en soit de la valeur pratique de ces divers procédés et des perfectionnemens qu’ils pourront recevoir, le jour où on a songé à utiliser l’aviation à la mer, s’est posé le