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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/419

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certain nombre d’officiers ou de soldats ont été vaccinés avant leur départ pour Casablanca, Rabat, Fez… aucun d’entre eux n’a davantage contracté la fièvre typhoïde, alors que quatorze hommes sur cent non vaccinés ont, dans les camps marocains, contracté la maladie, alors que beaucoup d’entre eux ont succombé. Les mêmes beaux résultats ont été constatés chez les nombreuses personnes vaccinées à l’aide du vaccin polyvalent, en France, en Algérie-Tunisie, ainsi qu’à l’étranger.

A la suite de ces résultats, les militaires se sont inscrits avec un véritable enthousiasme pour être inoculés. Pendant les derniers mois, dit Vincent le 14 mai 1912, il m’a été demandé du vaccin pour 35 000 personnes. Le nombre des personnes ainsi immunisées dépasse actuellement cinq mille.

Ces cinq mille vaccinations, qui comportent plus de vingt mille injections de doses vaccinantes, ne se sont accompagnées d’aucun incident anormal.

On voit que les résultats obtenus avec la vaccination antityphique ont été excellens, et en tout cas toujours inoffensifs, même quand la vaccination a été pratiquée en pleine épidémie ; il ne faut donc pas hésitera vacciner toutes les personnes au-dessous de trente à trente-cinq ans qui se trouvent dans une maison où éclate un cas de fièvre typhoïde ou même dans un pays où la fièvre typhoïde est à l’état d’épidémie actuelle ou à l’état d’endémie habituelle.

Si le sujet est déjà en incubation de la maladie, le vaccin n’empêchera pas la fièvre typhoïde de se déclarer et d’évoluer, car l’immunité ne parait assurée que dix à quinze jours après la dernière injection de vaccin. Mais, même dans ces cas, l’influence du vaccin est plutôt favorable à l’évolution de la maladie, qui est alors bénigne, ou toujours moins grave que si le sujet n’avait pas été vacciné.

Vincent a même observé un cas expérimental très curieux, dans lequel le vaccin a fait avorter, a empêché d’éclater une fièvre typhoïde, quoique inoculé pendant l’incubation de la maladie : un jeune homme avale, par mégarde, dans le laboratoire, au moins deux centimètres cubes de culture en bouillon de bacille d’Eberth. Habituellement, une pareille ingestion donne la fièvre typhoïde, et on a même publié des cas mortels de fièvre typhoïde contractée de cette manière. Chez le jeune homme du laboratoire, on fit la première injection de vaccin antityphique