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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/942

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Revues étrangères – Un journaliste « bismarckien : » M. Maximilien Harden


Kœpfe, par M. Harden, un vol. in-8 ; Berlin, librairie Erich Reiss, 1910.


Dans un très intéressant ouvrage sur Gutzkow et la Jeune Allemagne que j’ai eu l’occasion de lire ces jours passés [1], M. J. Dresch nous rappelle l’énorme influence exercée, aux environs de 1835, sur l’opinion et toute la vie politique allemandes par les écrits de deux journalistes d’origine juive, Louis Bœrne et Henri Heine, qui tous les deux venaient alors de s’installera demeure sur notre boulevard parisien. D’un bout à l’autre de l’Allemagne, amis et ennemis attendaient impatiemment les moindres articles de ces deux « libérés, » avec une admiration où d’ailleurs s’ajoutait peut-être, chez leurs amis eux-mêmes, une plus grosse part de crainte que d’intime et cordiale sympathie personnelle : car on savait que nul ne pouvait être pleinement assuré d’échapper, tôt ou tard, à l’ardente invective de l’aîné d’entre eux, non plus qu’à l’ironie souriante, et plus terrible encore, du plus jeune. Tous deux apparaissaient au public allemand comme des forces fatales, expressément chargées de préparer la chute de l’ordre de choses existant, — sans que l’on attachât beaucoup d’importance, après cela, aux systèmes politiques nouveaux que tous deux se croyaient parfois tenus de proposer, en échange de celui qu’ils aidaient à détruire. « Bœrne et Heine, devait écrire plus tard leur élève Gutzkow,

  1. Gutzkow et la Jeune Allemagne, par J. Dresch. Paris, librairie G. Bellais, 1904.