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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/653

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éclaire la table et les murs ornés de lithographies. La lanterne à acétylène est d’un usage courant dans les étables.

Autrefois les paysans n’employaient que deux étoffes pour s’habiller : l’hiver, le droguet, gros drap bourru, gris ou bleu, et l’été, le bot, toile bleuâtre. L’un et l’autre étaient fabriqués par le tisserand du village avec la laine et le lin filés à la maison. Les sabots étaient la chaussure ordinaire. On réservait les souliers pour les grands jours et encore les portait-on à la main jusqu’à l’entrée de la ville. On s’adresse aujourd’hui aux maisons de confection, et les tailleurs des plus petits villages reçoivent les journaux de modes de Paris. Sauf qu’il dédaigne la jaquette et la redingote pour rester fidèle au veston, le paysan s’habille comme l’artisan ou le bourgeois des villes. Il ne garde les sabots qu’autour de la maison et pour certains travaux ; le reste du temps, ce sont les brodequins, les sandales et les bottes. Il porte parfois la fourrure de chèvre comme un chauffeur et la pèlerine en drap imperméable comme un officier.

On pense bien que les femmes ne restent pas en arrière sur le chapitre du costume. Ce qu’elles désirent avant tout, c’est d’être habillées comme les dames de la ville. Elles ne négligent rien pour cela, sacrifiant même la vieille et élégante coiffure du pays, le joli mouchoir de soie coquettement posé sur la tête, qui chaque jour cède la place à des chapeaux chargés de plumes et de fleurs.

On peut s’asseoir à la table des paysans sans craindre d’y trouver la maigre pitance du temps passé : pain grossier fait à la maison, pain de maïs l’hiver, soupe maigre, du confit de porc le jeudi et le dimanche, le reste du temps des pommes de terre frites à la graisse, de l’ail et de l’oignon pour exciter l’appétit. Aujourd’hui, le paysan de la rive gauche de la Garonne, dans les enviions d’Agen, mange de la viande tous les jours et le plus souvent à tous les repas. Sa consommation annuelle est de : 62 kilogrammes de viande fraîche ou conservée, soit 172 grammes par jour, 7 kilogrammes de sucre, 1 100 grammes de café, 900 grammes de pâtes alimentaires, 800 grammes de conserves, 1500 grammes de poisson sec, 1 kilogramme de fromage, 1 kilogramme de gâteaux. On remarquera l’importante consommation de viande, de café et de sucre. Le café est pris presque tous les jours, pendant l’été plusieurs fois par jour, et malheureusement