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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/596

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Sept mois ont été nécessaires pour préparer l’expédition à Ching-tou, capitale du Sze-chuen. Les troupes se sont réunies à Ba-tang, frontière du Tibet, et, après plusieurs haltes assez prolongées, sont arrivées à Lhassa, le 17 février 1910. Le Grand Lama s’était enfui dans les Indes Anglaises à Dardjelling, au pied Sud de l’Himalaya. Les Chinois ont pris ses bagages. Dans cette marche de 1 400 kilomètres depuis Ching-tou ; faite par de grands froids, les troupes ont souffert, beaucoup d’hommes ont eu les pieds gelés. Les services d’ambulance étaient insuffisans. Les pertes ne sont pas connues.

Avant la guerre avec le Japon, la Chine avait une marine importante. Les Japonais ont détruit ou pris ses vaisseaux et elle n’a pas encore pu reconstituer une escadre digne de ce nom. Ses bateaux sont placés en trois groupes :

1° Marine du Peï-Yang, dépendant du vice-roi du Tchili : 5 croiseurs protégés, 2 croiseurs non protégés dont un est employé comme transport et l’autre comme école. Un aviso-transport, 3 contre-torpilleurs, 5 canonnières, 4 torpilleurs de 130 tonnés. 2° Côtes du Ché-Kiang et du Fo-Kien : deux croiseurs non protégés, 3 avisos-transports, 1 canonnière. 3° Marine du Kwang-tung : 11 avisos et grandes canonnières anciens types, 2 nouvelles canonnières entrées en service en 1908, 2 torpilleurs moyens et 9 petits, 8 petites canonnières, 14 vedettes. Il existe aussi un grand nombre de jonques de guerre, d’anciens modèles, destinées à la police fluviale et à la répression de la contrebande. Tous ces navires sont très propres et bien tenus, mais il y a lieu de faire des réserves quant au fonctionnement des machines. « Nous avons un très joli vêtement, disait à un officier anglais un officier de la marine chinoise, mais il n’y a personne dedans. » Cette appréciation est exacte. Avec leur inexpérience, leur négligence, leur corruption, leur vénalité, les Chinois peuvent acheter de très beaux navires, ils sont incapables de les utiliser. En Europe, on ne se rend pas suffisamment compte de l’étendue de la corruption, et le public s’expose ainsi à compromettre ses capitaux. Il est admis comme axiome que, si le fonctionnaire est corrompu, le commerçant est honnête. Certes, le Chinois a depuis longtemps compris que la loyauté dans les affaires était la meilleure garantie de leur succès. Mais son honnêteté ne dépasse pas la limite de ses intérêts. Des faillites frauduleuses, de jour en jour plus nombreuses, des fuites