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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/575

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Bouddhisme n’est pas honoré par les lettrés, le Taoïsme rentre dans la philosophie confucienne. Il serait trop long d’exposer la doctrine. Mais en raison de la mentalité spéciale qu’elle développe, il faut rappeler un de ses principes auquel les Chinois sont très attachés. Il sert à justifier les défaillances. Un encouragement de cet ordre, lorsqu’il est présenté sous une apparence de raisonnement philosophique, trouve dans les pays en décadence des auditeurs favorablement disposés. La piété filiale, dit le livre classique portant ce titre, est la racine de la vertu et la tige d’où sort l’éducation fondée sur les principes de la morale. Le premier devoir que la piété filiale nous impose, est de préserver avec le plus grand soin notre corps de toute blessure, de le conserver en parfait état, car notre corps est un don de nos pareils. Lorsque nous pouvons acquérir une situation dans le monde, nous devons régler notre conduite d’après ce principe, de manière à transmettre notre nom aux générations futures et à faire rejaillir notre gloire sur nos parens. Ceci est le dernier devoir de la piété filiale. Il commence par les devoirs dus aux parens, est continué par les services rendus au l’rince et il est complété par l’élévation de nous-mêmes. Un autre philosophe très apprécié, Chwang-tsz, que nous appelons « Chancius, » proclame la vanité de l’effort. La vie, ajoute-t-il, est un bien dont il faut avoir soin, mais comme on peut estimer que l’existence est une chose irréelle, on doit envisager la mort avec indifférence. Confucius prescrit aussi d’être fidèle à l’Empereur, chef de la famille, fils du Ciel. Ce n’est pas là un titre purement honorifique. L’Empereur règne en vertu d’un droit despotique et absolu qui lui vient des cieux.

Ce droit divin, il le garde aussi longtemps qu’il règne en conformité des décisions célestes. Lorsque la dynastie périclite en raison de ses fautes ou de ses vices, le ciel suscite un homme qui par ses vertus, sa bravoure, ses armes, ses aptitudes au pouvoir, est en état d’arracher le sceptre des mains trop débiles. D’après ce principe, le souverain est toujours légitime. Il ne peut pas être question d’un usurpateur. Il a réussi, il est donc le vrai fils du Ciel. Les tentatives pour provoquer un mouvement en faveur d’un descendant de l’ancienne dynastie des Ming n’ont guère de chance de succès, mais une rébellion peut susciter un nouveau fils du ciel.

La doctrine de Confucius a pour bases l’autorité absolue du