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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/478

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au sort distribue les députés en onze bureaux. Suivant l’importance de la commission à former, chaque bureau nommait un, deux ou trois commissaires : on pouvait même en nommer davantage, si la Chambre le décidait. Le système n’était pas sans défauts. Le hasard du tirage au sort pouvait accumuler dans un même bureau un plus grand nombre de membres ayant une compétence spéciale que le bureau n’était appelé à nommer de commissaires, tandis que le bureau voisin en avait moins ou même n’en avait pas du tout. Des compétences reconnues, des capacités incontestées restaient donc sans emploi, tandis que tout à côté on nommait, dans la commission du budget par exemple, des députés dont l’instruction financière était faible ou nulle. Quelques-uns pouvaient sans doute profiter de l’occasion pour faire un apprentissage utile ; mais d’autres n’apportaient aux travaux de la commission ni activité, ni zèle, et y étaient à proprement parler des non-valeurs. Un second défaut du système est que certains groupes, plus importans par l’esprit qu’ils représentent que par le nombre de leurs membres, se trouvaient souvent exclus des grandes commissions. C’était le cas de la droite. Sans doute, elle n’est qu’une minorité dans la Chambre, et même, on l’a vu plus haut, une minorité très faible ; il n’en est pas moins désirable qu’elle soit représentée dans les grandes commissions, et qu’elle y ait au moins un témoin. La Chambre en a jugé ainsi, nous le disons à son éloge. L’idée de la représentation proportionnelle a fait de tels progrès dans l’opinion générale, qu’on a jugé à propos d’y conformer le mode d’élection des commissions les plus importantes, et c’est pour cela que les groupes, chargés d’élire un nombre de commissaires en rapport avec celui de leurs membres, ont été conduits à faire sur eux-mêmes la réforme dont nous venons de parler. Il en résultera peut-être quelque bien.

Toutefois, lorsqu’il s’est agi de nommer la commission du suffrage universel, — qu’il serait plus exact de nommer commission de la réforme électorale, — une proposition nouvelle a été subitement présentée et a jeté au premier abord quelque désarroi dans la Chambre. Nous venons de dire que le scrutin de liste avec représentation proportionnelle avait fait un grand progrès dans l’opinion générale. La majorité des candidats l’ont fait figurer sur leurs programmes aux élections dernières et la majorité des élus ont été pris parmi ses partisans. La réforme n’en conserve pas moins des adversaires résolus, acharnés, irréductibles, qui useront de tous les moyens pour l’empêcher d’aboutir et qui, dès les premières séances de la Chambre,