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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/387

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La critique est la dixième Muse, et la bonté, la quatrième Grâce.


Le goût est comme la voix. Souvent il perd en justesse et en ductilité ce qu’il gagne en hauteur.


Quand le goût se raffine, il se pervertit, comme les femmes qui, trop aimables, deviennent coquettes, — et pires.


Conseil. — « Vous êtes un romantique ! Plus vous irez, tâchez de l’être de moins en moins ! »

(Conversation de Sainte-Beuve, samedi 17 mars 60, — à propos de Saint-Amant. La phrase était mieux écrite que cela.)

L’artiste non seulement porte en soi l’humanité, mais il en reproduit l’histoire dans la création de son œuvre. D’abord, du trouble, une vue générale, les aspirations, les éblouissemens : époque barbare. Puis l’analyse, le doute, la méthode, la disposition des parties : l’ère scientifique. Enfin, il revient à la synthèse première plus élargie, dans l’exécution.

Si l’humanité doit se développer à la manière d’une œuvre conçue par la Providence, elle est loin encore, miséricorde ! de cette troisième phase !

L’idée que l’esprit procède du simple au composé explique la nullité poétique du XVIIIe siècle. Et c’est parce qu’il ne sentait pas l’histoire qu’il a formulé cet axiome.


M. de Martignac, en septembre 1830, eut à se défendre devant la Chambre d’avoir secouru des gens de lettres pauvres.


Si le romantisme de 1830 (Hugo, Lamartine, etc.) n’a pas été plus fécond, c’est qu’il n’est peut-être remonté à la Tradition, à la Renaissance, que superficiellement. Gothique de couleur et catholique par genre, il a dédaigné ou méconnu le naturalisme qui le déborde maintenant (1859), mais qui n’a pas encore son poète ni sa formule.


Pour connaître la poétique théâtrale de Voltaire, voyez, en tête de Sémiramis, la Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne, la Préface de l’Orphelin de la Chine : « Les aventures