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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/196

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feuilles et des branchettes employées à la nourriture et à la litière du bétail, et, par les rideaux qu’ils constituent, ralentissent les vents, empêchent l’assèchement du sol et protègent les troupeaux.

Il est une sorte de propriétés cependant, intermédiaire entre le pré-bois et la forêt proprement dite, qui paraît devoir subir quelques changemens de détail. Ce sont les châtaigneraies. Depuis vingt-cinq ans, l’industrie consomme énormément de châtaigniers dont elle extrait divers acides tanniques. Toutefois, qu’on se rassure. Dans les communes montagneuses à sols gneissiques et micaschisteux, il ne se vend que de très vieux arbres ne donnant plus de fruits et l’on en respecte les souches, qui tout de suite lancent de nouvelles tiges, quel que soit leur âge, ou bien on remplace les pieds qu’on arrache ; seulement, au lieu de laisser les arbres espacés au hasard comme auparavant, les gens avisés replantent en lignes, de façon à rendre la culture d’une céréale en sous-étage plus commode, et cette disposition est éminemment favorable à l’arbre qui a besoin, pour prospérer, de terres labourées, aérées et fumées. Sur les territoires plus fertiles, le châtaignier se réfugie dans les haies et les bordures. En tout cas, les usines sont regardées comme un bienfait, par l’argent qu’elles répandent, argent qui est généralement employé à acheter des engrais chimiques, ce qui détermine un progrès agricole extrêmement marqué, et une mise plus rationnelle de chaque chose à sa place.

On en dirait autant du noyer. Les fabriques d’armes et de meubles en achètent considérablement. Mais on n’en replante pas moins que l’on n’en coupe.


VI

Nos hauts pâturages sont la plupart en bon état, non pas imperfectibles bien entendu, mais plus complets qu’ils n’ont jamais été ; ils s’acheminent sans cesse vers le mieux, et comme on tend partout à adopter des industries zootechniques qui exigent que le bétail soit bien nourri, ils ne sont plus jamais surchargés. Nos populations comprennent parfaitement leurs véritables intérêts. Elles suivent tous les conseils pratiques. Et quand elles n’ont pas encore atteint le sommet de l’échelle, c’est qu’elles en sont empêchées par des circonstances indépendantes de leur