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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/106

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Danemark. L’Angleterre était représentée par la puissante National vigilance Association.

C’était une délicate épreuve. Cette réunion de tant de sociétés diverses, venant de pays si différens, allait-elle apporter un appui ou une résistance aux mesures proposées ? Dès le premier contact, toute incertitude disparaissait. Après une discussion de deux jours à laquelle chaque groupe avait apporté un rapport écrit sur la situation de la pornographie dans son pays et l’état de sa législation, un accord unanime se faisait sur les points suivans :

Réalité trop évidente des faits :

Impuissance pour la plupart des législations à les réprimer ;

Nécessité d’obtenir des gouvernemens l’introduction dans leurs lois pénales de délits nouveaux, notamment celui de fabrication et de détention, en vue d’en faire commerce, des dessins, écrits ou objets outrageans pour les mœurs et celui d’offre ou de vente même non publiques ;

Urgence enfin d’élargir les règles étroites de ce qu’on appelle la compétence territoriale, pour atteindre plus sûrement les diverses manifestations du délit.

Une fédération entre toutes les associations des divers Etats était en outre formée, sous la direction de la Société Genevoise, et on lui remettait le soin de faire auprès des gouvernemens d’instantes démarches pour que l’un d’eux prît l’initiative d’appeler toutes les Puissances à une conférence diplomatique, eu vue de soumettre les questions posées, à leur délibération [1]. Nous avons eu la bonne fortune que le gouvernement français acceptât cette mission. Pressenties par ses soins, quinze Puissances répondaient d’une façon sympathique à son appel. Elles étaient aussitôt convoquées.

Telle est l’origine de la conférence. La France, tout en prenant l’initiative de lui soumettre les vœux émis par les associa-lions privées, ne le faisait pas, au moins pour ce qui concerne le délit de fabrication et de détention, sans quelques réserves. C’était son devoir. La Chambre des députés saisie en 1904 d’un projet de loi sur les outrages aux mœurs, voté sans objection

  1. Ce sont la presque totalité des Puissances européennes : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark. Espagne, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Suède et Suisse et en outre les États-Unis du Mexique et le Brésil.