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REVUE DES DEUX MONDES.

— Votre majorité m’a fait le plus grand plaisir, je vous remercie de me l’avoir mandé par le thelegraphe.

J’ai là dans une vieille chronique de Salesbury ces paroles ci :

In vestris cogitationibus
Cavete cesignabionibus

lises cela quand vous serez tête à tête M. Perier et vous. Mille amitiés. — Talleyrand.

Particulière.


18 mars.

Mon cher Général, je vous écris aujourd’huy une longue lettre sur la question des forteresses ; je crois que vous devés porter toute votre attention sur cette affaire. Les considérations que ma lettre renferme ont quelque importance ; votre bon esprit et vos connaissances militaires m’assurent que la décision que vous prendrés sera la bonne. — Il me semble qu’à Paris on est un peu refroidi sur le plaisir qu’on aura à voir tomber les débris de la Sainte Alliance, cela permettroit de penser aux forteresses qui devroient être conservées, et sur cela à penser à notre propre intérêt. — Il me semble que ce que je vous propose répond à tout ce qui a été dit dans la Chambre dans le premier moment où elle s’est saisie de cette question, — du reste quelque parti que vous preniés à cet égard, c’est par la Belgique qu’il faut le faire arriver ; je puis soutenir, mais les choses placées comme elles le sont, je ne puis pas proposer ; je puis appuyer ce que vous aurés résolu, mais c’est tout. — Votre convention relative à la traite[1] plaît à tout le monde ici ; en tout on est parfaitement content du gouvernement français : il est dans les idées de tout le monde que le salut dans des circonstances aussi difficiles est dans l’union de la France et de l’Angleterre, cette union-là établie patament il faut que tout le monde cède. Le Roi revient lundi ; j’irai à l’ouverture et je vous écrirai après la séance. La Reine reste à Brighton parce qu’elle est un peu souffrante.

  1. Traite, transitura, droit de passage, l’ancienne France prélevait des droits sur les marchandises à l’entrée ou à la sortie du royaume ou des provinces.