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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 56.djvu/325

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LETTRES DE LOUIS-PHILIPPE ET DE TALLEYRAND.

Le Times va jusqu’à dire que l’indépendance de la Belgique n’est pas reconnue et ne le sera qu’après le Traité définitif. Alors pourquoi a-t-on tiré le canon de Douvres à M. Vandeweyer et pourquoi a-t-il été reçu en audience publique par le Roi d’Angleterre comme ministre plénipotentiaire du Roi des Belges ?


Paris, mercredi matin, 24 août 1831.

Mon cher Général, le maréchal Gérard m’envoye une seconde lettre qu’il a reçue du Roi Léopold et dont je vous transmets une copie. Elle n’est pas bien importante, et la première ne nous est toujours pas parvenue. Veuilles la communiquer au président du Conseil.

Je vous communiquerai aussi à tous les deux, si vous pouvés venir me voir ce matin, ce que mon fils me mande des conversations qu’il a eues avec le Roi Léopold auquel il a fait une visite à Bruxelles. Elles sont assez importantes, et mon fils me paraît s’en être fort bien tiré. Vous en jugerés.

Je crois que Léopold envoyé à Londres le docteur Stocmar pour représenter qu’il lui est nécessaire de conserver en Belgique une partie de notre armée.

Le mouvement rétrograde de nos 20 000 hommes est en pleine exécution. Aujourd’hui, le Roi Léopold est à Tirlemont[1] pour une revue de nos troupes. Mon fils me mande qu’il est prêt à partir aussitôt après. Je lui ai dit qu’il suffisait qu’il arrivât à Paris lundi ou mardi.

Au revoir, mon cher Général. — L. P.


Paris, ce jeudi à 6 heures, 23 août 1831.

Je pense, mon cher Général, qu’il est bon que vous voyiés ce que mon fils me mande sur la position de M. de Maubourg et sur le progrès peu satisfaisant de la négociation des Places. Vous le trouverés ci-joint et vous me le rendrés après l’avoir fait lire à M. Perier, si vous en trouvés le tems. Je crois qu’il faudrait que j’en écrivisse au Roi des Belges, et que de votre côté vous écriviés à Maubourg une dépêche ostensible et un petit mot à Belliard pour le remettre en verve. Il faut pourtant attendre pour tout cela la réponse de Londres à votre proposition de donner des pouvoirs à sir Robert Adair.

  1. Tirlemont, en flamand Theenen, à 20 kilomètres de Louvain, prise par Dumouriez en 1792 et par Jourdan en 1794.