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REVUE DES DEUX MONDES.

À présent, il faut bien attendre après le Conseil, mais c’est urgent, et si vous avés des lettres soit de Bruxelles, soit de la Haye, soit de Londres, envoyés-les moi, pour que j’aye le tems de réfléchir avant le Conseil sur ce que nous avons à faire. Ce silence de Londres est de mauvais augure, et ce qui me passe, c’est que nous n’ayions rien du général Baudrand.

Je n’ai vu ni lord Granville[1], ni Werther[2]depuis assez longtemps, et je vois de la gravité dans tout ceci. Je voudrais que ma réponse au Roi Léopold pût partir de bonne heure, et je crains que cela ne presse. J’attends votre réponse avec impatience, mon cher Général. — L. P.


Ce vendredi matin, 9 septembre 1831.

Mon cher Général, je serai tourmenté pendant ma longue promenade, si je n’ai pas un mot de réponse de vous pour connaître votre opinion sur ce que je vous ai envoyé.

La réflexion me fait craindre qu’il ne soit trop fort et que mes allarmes ne m’ayent emporté trop loin, car je sens la nécessité de ne pas entraver la négociation, et de ne pas risquer de manquer le traité définitif par un excès de précaution. Tout cela me pèse et même m’agite. Ecrives moi un mot par le retour de l’officier. Je l’aurai avant que je ne parte ; et ma promenade serait trop lourde, si je ne l’avais pas. Mais en tout cas, vous n’expédierés pas le papier avant que nous ne nous soyions vus avec M. Perier.

Au revoir. — L. P.


La lettre du Roi des Belges est d’une haute importance, et je serais bien aise que vous vinssiés me voir le plutôt que vous pourrés. — L. P.

Dimanche à 3 heures, 11 septembre 1831.


Lundi matin, 12 septembre 1831.

Mon cher général, mon fils est en ce moment à Bruxelles ; il m’écrit hier de Mons qu’il partait dans une heure pour aller dîner chez le Roi Léopold.

Je regrette que ma lettre au Maréchal ne lui fût pas parve-

  1. Le vicomte de Granville, ambassadeur extraordinaire d’Angleterre à Paris.
  2. Le baron de Werther, ministre de Prusse à Paris.