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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 56.djvu/213

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LA TRANSFORMATION DE LA CHINE.

qu’elle vient de présenter, d’après des renseignemens venus de Pékin, viserait cinq objectifs principaux : l’unité de commandement sur les navires, la réforme de l’enseignement naval, les encouragemens à donner à l’industrie des constructions navales et aux manufactures d’armes, le renforcement de la défense des côtes. En outre, le projet conseillerait la répartition de tous les vaisseaux de guerre et de toutes les canonnières en quatre divisions affectées respectivement aux croisières, à l’instruction, à la défense des côtes et à la police des cours d’eau. À ces quatre divisions, s’ajouterait celle des torpilleurs. L’école de l’arsenal Whampoa, à Canton, serait transformée en une école de génie maritime, celle de l’arsenal de Fou-Tchéou en une école de construction navale, et l’école navale de Tché-Fou en une école impériale de navigation. Serait en outre créée à Pékin une académie navale, où l’on pourrait réunir des officiers pour étudier et arrêter les principes de la science nautique. La télégraphie sans fil unirait tous les forts du littoral, comme il a été fait en Angleterre. Ksiang-Chan deviendrait une base navale ; le travail serait réorganisé dans les arsenaux de Kiang-Nan, de Fou Tchéou, de Kouang-Toun et de Takou ; et, conformément aux plans adoptés par le Japon et par l’Italie pour développer leurs flottes, des mesures seraient prises en vue de récompenser les constructeurs chinois et étrangers. On peut considérer comme un commencement d’exécution de tous ces projets l’envoi à New-York de la Commission chargée d’étudier la question d’une commande de navires de guerre et de munitions s’élevant à cent millions, et aussi l’arrivée en Europe de la mission dirigée par le prince Tsaï-Hsien qui a visité les principaux chantiers navals d’Angleterre, de France et d’Allemagne. Il n’y a pas jusqu’au système de mesures que Ion ne soit sur le point de réformer. Jusqu’en ces dernières années, les diverses unités de mesure employées dans l’Empire chinois pour les transactions courantes présentaient la diversité la plus invraisemblable et la plus déconcertante ; elles variaient non seulement de province à province, mais de ville à ville, de village à village et même, dans la même localité, de corporation à corporation. Leur ensemble constituait un chaos bien fait pour donner de laborieuses occupations aux plus érudits, d’autant qu’à toutes se superposait en quelque sorte un système de mesures officielles, prescrit par les décrets impériaux, mais dont