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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 56.djvu/185

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LA CRUE DE LA SEINE.

d’inondations à craindre, par la raison que les eaux augmenteront de vitesse : c’est ce qui ne nous paraît pas aisé à concilier avec les premiers principes de l’hydraulique. »

« Paris, ajoute Cordier en 1827, est plus exposé que jamais aux chances des inondations : quatre nouveaux ponts, des quais, des ports, l’estacade de l’Ile Saint-Louis rétrécissent à ce point le débouché, que les eaux, dans les débâcles, s’élèveront à une plus grande hauteur et causeront de plus grandes pertes. »

Que proposent donc ces hommes compétens, pour prévenir les inondations ? Un canal de dérivation. Ils ne diffèrent que dans le tracé. Deparcieux voulait « saigner la Marne sous Gournay par un canal qui, passant par Villemonble et Bondy, portera dans la Seine, à Saint-Denis, l’excédent de l’eau nécessaire à la navigation. » Lambert proposait de commencer le canal dans la Marne, un peu au-dessous de Neuilly, et de le faire aboutir à Saint-Ouen dans la Seine, par le chemin de Rosny, Noisy et Pantin. Le canal de Cordier, plus court, mais très large, s’étendait d’Ivry à Grenelle. Il y a eu du reste un grand nombre d’autres projets plus ou moins analogues et nous savons qu’aucune suite ne leur fut donnée.

Il faut d’ailleurs remarquer que ces exutoires ne sauraient s’établir sans de gigantesques dépenses et, qui pis est, sans augmenter les mauvaises conditions des localités d’aval. Il convient certainement d’insister plutôt sur les mesures préventives et, de ce côté, il y a de quoi satisfaire l’activité des ingénieurs, des agriculteurs et des industriels.


Stanislas Meunier.