Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 56.djvu/171

Cette page n’a pas encore été corrigée
165
LA CRUE DE LA SEINE.

fonteines desquelles l’eau sera autant bonne, pure et nette que de celles qui sont naturelles. » Palissy continue (page 37) : « Et s’il estoit suyvant l’opinion des philosophes que les sources des fonteines vinssent de la mer, il faudrait nécessairement que les eaux fussent salées, comme celles de la mer, et qui plus est, il faudrait que la mer fust plus haute que non les plus hautes montaignes, ce qui n’est pas. » Et page 42 : « Les eaux des pluyes qui tombent en hiver, remontent en esté pour retourner encores en hyver et les eaux et réverbérations du soleil et la siccité des vents frappans contre terre fait eslever grande quantité d’eau ; laquelle estant rassemblée en l’acr et formée en nuées, sont parties d’un costé et d’autres comme héraux de Dieu. Et les vents, poussant les dit tes vapeurs, les eaux retombent par toutes les parties de la terre et quand il plaît à Dieu que ces nuées (qui ne sont autre chose qu’un amas d’eau) se viennent à dissoudre, les dittes vapeurs sont converties en pluyes qui tombent sur la terre. »

De l’intuition d’un homme de génie, passons à l’observation moderne et ajoutons-y un peu de statistique.

C’est du premier janvier 1689 que datent les observations régulières sur les chutes de pluie : Philippe de La Hire les commença et les poursuivit jusqu’en 1719. L’instrument dont on se servait était un récipient placé à l’Observatoire de Paris, au niveau de la grande salle de la méridienne, dans la tour orientale alors découverte. Maraldi et Fouchy succédèrent à La Hire pour ces études, dont les résultats furent publiés jusqu’en 1755, après quoi, il y eut interruption jusqu’en 1805. En 1817, on disposa à l’Observatoire deux récipiens situés, l’un sur le sommet de l’édifice, l’autre dans la cour. Au moyen de ces pluviomètres, on évalue la hauteur de l’eau dont le sol serait recouvert, s’il n’y avait ni infiltration ni évaporation.

Des appareils semblables sont établis dans tous les pays du monde. On peut grâce à eux se faire une idée assez juste de la quantité de pluie déversée par l’atmosphère, quoiqu’il ne s’agisse que de ces approximations que l’on appelle des moyennes. Ainsi d’après John Murray, le volume de l’eau tombée en une année sur toute la planète serait de 111 800 kilomètres cubes, soit un poids de 111 800 milliards de tonnes. Cette quantité d’eau pourrait former sur le globe entier une couche de 970 millimètres.

Mais la contribution à ce total des différens pays est