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le matériel indispensable ; c’est ce qui explique que les seules mines exploitées jusqu’ici soient les anciennes houillères de Li-Hung-Chang, à Kaïping près de Tien-tsin, dans un bassin secondaire. L’aciérie d’Hanyang, montée depuis un certain nombre d’années déjà en face de Han-Kéou par le célèbre vice-roi Chang-Chih-Toung, travaille aussi des minerais indigènes extraits dans la région. La plus grande entreprise européenne est le Peking Syndicate, qui a de vastes concessions dans le Shan-si et dont les travaux sont encore à la période préparatoire ; les cours de ses actions, qui valent vingt fois le pair à la Bourse de Londres, témoignent des espérances qu’on fonde sur lui. D’autres syndicats anglo-français ont obtenu des concessions dans la Chine méridionale, au Yunnan et au Koeï-Tchéou ; les Allemands sont à l’œuvre dans leur sphère du Chang-toung. De grands résultats pourront être réalisés d’ici peu, pourvu que les moyens de transport ne se fassent pas trop attendre et que le gouvernement s’y prête. Lors des affaires des Boxeurs il avait promis que des règlemens miniers seraient publiés dans le délai d’un an après la rentrée de la cour à Pékin ; rien n’a encore paru.

Comme lorsqu’il s’agit de construire des chemins de fer, c’est encore la question politique que l’on trouve sous la question économique lorsqu’on projette de mettre en valeur les richesses encore inexploitées de la Chine. C’est elle aussi qu’on rencontre lorsqu’on se préoccupe d’améliorer le régime monétaire, dont l’état chaotique et primitif est l’une des principales entraves aux échanges avec l’étranger : La réforme de ce régime mériterait toute une étude spéciale ; ce n’est pas le lieu de la faire ici, mais il est aisé de montrer brièvement les inconvéniens de l’état actuel en même temps que la difficulté de le moderniser. En matière de monnaie comme en bien d’autres, la Chine a été jadis l’un des pays les plus avancés du monde, mais elle est maintenant l’un des plus arriérés. Elle connaissait le billet de banque plus d’un siècle avant Jésus-Christ. Elle ne possède aujourd’hui d’autre monnaie véritable que la sapèque, informe petite pièce, formée d’un alliage de cuivre et de zinc, percée au centre d’un trou, qui permet d’en enfiler un grand nombre par « ligatures, » de mille généralement. C’est la sapèque, — en anglais cash, — valant au change moyen de ces dernières années un peu plus d’un quart de centime, qui sort de mesure usuelle dans tout l’intérieur de la Chine pour les salaires et les prix des