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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/581

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guerre actuelle, on voit, en définitive, qu’ils sont très loin d’être négligeables. Ils ne nous paraissent faibles que parce que nous avons sous les yeux, à proximité de la Chine, le prodigieux phénomène de, la transformation du Japon. Mais le Japon n’est-il pas un pays unique au monde et quel peuple a jamais fait ce qu’ont réalisé depuis quarante ans les sujets du Mikado ? Si nous ne laissons pas troubler notre vue par cet éblouissant voisinage, nous sommes forcés de reconnaître qu’en aucun autre pays asiatique, un développement aussi grand n’a eu lieu dans un temps aussi court, et aussi troublé. Certes, ce qui a été fait est peu de chose encore, étant donnée l’importance du territoire, de la population, des richesses du Céleste Empire ; ce n’est encore qu’une ébauche, mais ne semble-t-il pas qu’elle puisse faire bien augurer de l’œuvre qu’il s’agit d’accomplir ?


III

Il est trois tâches principales à remplir pour mettre en valeur un pays qui ne l’est pas, ou qui l’est insuffisamment : d’abord créer ou perfectionner les moyens de transport, car il serait oiseux de chercher à développer la production, si les produits ne pouvaient être aisément exportés hors du canton où ils ont été obtenus ; puis modifier en les améliorant les procédés de production employés, quand ceux-ci sont défectueux : on obtient ainsi les produits déjà connus dans le pays, mais en plus grande quantité et de meilleure qualité ; enfin, exploiter des richesses que les indigènes laissaient dormir, de façon à obtenir de nouvelles catégories de produits. Il y a d’ailleurs, au progrès économique, une quatrième condition, qui est, elle, d’ordre politique, mais de première nécessité : le maintien de l’ordre et de la sécurité, la certitude que chacun pourra jouir en paix des fruits de son travail et de son industrie.

Nous venons de parler des chemins de fer, et, ce faisant, nous avons déjà traité le problème des communications. Mais il n’est pas inutile, pour mettre en relief toute l’importance de la création des voies ferrées, de dire quelques mots de la condition actuelle des transports en Chine. Il s’en fait de deux sortes, par terre et par eau, comme en tout pays, en attendant que le progrès de l’aéronautique ait permis de franchir directement les airs, en passant par-dessus tous les obstacles. Ces