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Page:Revue des Deux Mondes - 1902 - tome 11.djvu/942

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REVUES ÉTRANGÈRES



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UN AMI DE NIETZSCHE : ERWIN ROHDE


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Erwin Rohde, Ein biographischer Versuch, par O.Crusius,
1 vol. in-8° ; Tubingue, 1902.


On s’est beaucoup occupé en Allemagne, et même en France, des influences diverses qui ont contribué à former, puis à transformer, la pensée de Frédéric Nietzsche. On s’est efforcé notamment de déterminer la part qu’ont eue tour à tour, dans l’évolution intellectuelle du poète-philosophe, son professeur Ritschl et son ami Richard Wagner, les empiristes anglais et les encyclopédistes français, enfin Taine et Renan, ses derniers maîtres. Mais un autre homme, qu’on se borne le plus souvent à citer parmi ses camarades de jeunesse, a exercé sur lui une action sinon plus profonde encore, à coup sûr plus directe et plus prolongée : c’est le philologue Erwin Rohde, né à Hambourg en 1845, mort en 1898 à Heidelberg, où il était professeur à l’Université. Et l’excellent mémoire biographique que vient de consacrer à ce savant un de ses collègues, M. O. Crusius, sera désormais d’une lecture indispensable pour tous ceux qui voudront se renseigner d’un peu près sur l’origine et le développement de quelques uns des principaux paradoxes de Zarathustra.

Erwin Rohde, d’ailleurs, n’a pas seulement, pour le recommander à notre attention, le grand rôle qu’il a joué dans la vie de son ami. Il était philologue, et, au contraire de Nietzsche, il l’est toujours resté ; mais son exemple, après plusieurs autres, tendrait à faire croire qu’entre tous les écrivains allemands les philologues sont les plus

Revues étrangères – Un ami de Nietzsche : Erwin Rohde


Erwrin Rohde, Ein biographischer Versuch, par O. Crusius, 1 vol. in-8° ; Tubingue, 1902.


On s’est beaucoup occupé en Allemagne, et même en France, des influences diverses qui ont contribué à former, puis à transformer, la pensée de Frédéric Nietzsche. On s’est efforcé notamment de déterminer la part qu’ont eue tour à tour, dans l’évolution intellectuelle du poète-philosophe, son professeur Ritschl et son ami Richard Wagner, les empiristes anglais et les encyclopédistes français, enfin Taine et Renan, ses derniers maîtres. Mais un autre homme, qu’on se borne le plus souvent à citer parmi ses camarades de jeunesse, a exercé sur lui une action sinon plus profonde encore, à coup sûr plus directe et plus prolongée : c’est le philologue Erwin Rohde, né à Hambourg en 1845, mort en 1898 à Heidelberg, où il était professeur à l’Université. Et l’excellent mémoire biographique que vient de consacrer à ce savant un de ses collègues, M. O. Crusius, sera désormais d’une lecture indispensable pour tous ceux qui voudront se renseigner d’un peu près sur l’origine et le développement de quelques-uns des principaux paradoxes de Zarathustra.

Erwin Rohde, d’ailleurs, n’a pas seulement, pour le recommander à notre attention, le grand rôle qu’il a joué dans la vie de son ami. Il était philologue, et, au contraire de Nietzsche, il l’est toujours resté ; mais son exemple, après plusieurs autres, tendrait à faire croire qu’entre tous les écrivains allemands les philologues sont les plus