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Page:Revue des Deux Mondes - 1901 - tome 3.djvu/826

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REVUE DES DEUX MONDES.

Comme le calme continue, et que nous nous attendons à une nouvelle attaque, nous faisons, d’accord avec M. Winterhalder, quelques nouveaux travaux de défense :

1º Une brèche faisant communiquer l’appartement du concierge avec l’écurie située à l’est du portique ; dans les murs de cette écurie, nous perçons ensuite des meurtrières qui commandent les brèches sud du mur de la rue de la Douane ;

2º Ouverture d’une porte dans le mur nord de la légation, porte qui avait été barricadée dès le début des hostilités et par laquelle on communiquera directement, maintenant, à la barricade de la ruelle nord.

Le soir, à six heures, nous réoccupons la maison Saussine, et nous reprenons nos postes au mur de la petite cour. Vers dix heures, nous entendons une assez vive fusillade du côté du Fou, où il paraît y avoir un engagement sérieux. À onze heures, nous sommes, à notre tour, fortement attaqués, mais cette alerte dure peu.

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9 juillet. — À neuf heures, M. Véroudart m’amène trois prisonniers faits dans les maisons chinoises situées aux environs de la barricade de la ruelle nord. Les chrétiens qui les conduisent les attachent par la natte à des arbustes, devant le pavillon des étrangers. Il nous faut d’abord empêcher le cuisinier de Chamot de leur ouvrir le ventre avec le couteau qui vient de lui servir à abattre un cheval. Je prie ensuite Véroudart de les interroger séparément. Ils avouent être envoyés par les soldats de Tong-Fou-Siang pour espionner et incendier ; en échange des services rendus, il leur est permis de piller les maisons avant d’y mettre le feu, et le butin leur reste. Les renseignemens, vrais ou faux, qu’ils nous donnent sont à peu près les mêmes :

1º L’Impératrice est toujours à Pékin ;

2º Il y a 8 500 Chinois environ autour du Fou et de la légation de France ;

3º Des disputes se sont élevées entre Boxeurs et soldats, ces derniers reprochant aux invulnérables de ne jamais oser s’avancer et de n’être bons, finalement, qu’à piller ;

4º Les troupes internationales, arrêtées par les Chinois, ne peuvent sortir de Tien-tsin.

À dix heures et demie, l’attaque reprend ; deux canons ouvrent le feu sur le Hall, sur la maison de M. Pichon, et sur celle