Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 158.djvu/41

Cette page n’a pas encore été corrigée


LA PETITE DERNIÈRE. 37

de voiture. Mais dans la direction de Grozon, aucun bruit ne rompait la quiétude de la campagne endormie. Seule, du côté de la baie, la sourde plainte de la mer s’exhalait à intervalles réguliers et montait vers le ciel fourmillant d’étoiles...

— Elles ne reviennent pas ! répétait tout bas avec dépit M me Pontal, exaspérée ; elles s’amusent et se moquent bien des angoisses de leur mère... Oh ! les misérables filles !.. Elles me feront devenir folle ! . . .

Tandis qu’elle se désespérait, le sable grinça derrière elle sous les pas d’un promeneur et, ayant tourné la tête, elle reconnut Tanguy Le Dantec.

— Madame, murmura le commandant d’une voix légèrement oppressée, j’ai laissé M lle Paulette en compagnie de M. Pontal... Je suis venu ici dans l’espoir de vous y rencontrer... et de vous adresser une requête...

Et, comme elle le regardait, un peu surprise de son ton cérémonieux, il continua :

— Je désirerais avoir avec vous un entretien auquel j’attache une sérieuse importance... Ce soir, le moment vous paraîtrait mal choisi ; mais je vous serais très reconnaissant si vous pouviez m’accorder une audience demain matin, à l’heure qui vous conviendra le mieux...

— Comment donc ? répondit-elle étonnée, je suis toute à votre disposition, commandant... Voulez-vous vous donner la peine de passer chez moi entre huit et neuf heures ?... Je vous y attendrai.

— Merci, madame... A demain donc, et veuillez agréer mes respectueux hommages...

André Theuriet.

[La troisième partie au prochain numéro,)