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colonies. Quelques années après, les wesleyens (1840), les congrégationnalistes (1843) et les catholiques romains (1847) formèrent à leur tour des sociétés pour l’encouragement d’écoles, où l’enseignement fût donné d’après les principes de leur confession respective.


II

Jusque-là le gouvernement n’avait pris qu’une part indirecte et assez faible à l’instruction populaire : il s’était borné à accorder aux sociétés Nationale et Britannique une subvention pour les aider à bâtir des écoles. Cette allocation, il est vrai, s’était élevée en six années de 500 000 à 780 000 francs par an, et, eu égard aux traditions parlementaires de nos voisins, on pouvait prévoir que la Chambre des communes ne tarderait pas à vouloir contrôler l’emploi de ces sommes. La Chambre des lords, de son côté, demeurait obstinément hostile au développement des écoles et elle aurait rejeté tout projet de loi dans ce sens. Que faire ? On recourut à un expédient. La reine promulgua un ordre du conseil nommant un comité du Conseil privé chargé spécialement d’administrer les fonds votés par la Chambre. Ce comité, qui était comme le germe d’un ministère de l’instruction publique, eut pour président lord Lansdowne, président du conseil, les autres membres furent le gardien du sceau privé, le chancelier de l’échiquier, le secrétaire d’Etat et le maître des monnaies.

Les motifs qui poussèrent le gouvernement à doter l’instruction publique d’un organisme spécial sont nettement exposés dans la lettre adressée par sir John Russel, premier ministre, à lord Lansdowne le 4 lévrier 1839 ;

« Sa Majesté le Reine, y disait-il, a remarqué, avec un profond souci, le manque d’instruction qui règne parmi les classes pauvres de ses sujets. Toutes les enquêtes, ont montré un déficit dans l’instruction générale du peuple, qui est incompatible avec la caractère d’une nation civilisée et chrétienne… Sa Majesté a trouvé quelque consolation en constatant, dans les dernières années, l’accroissement du zèle pour l’éducation populaire. L’Église établie a fait de grands efforts pour multiplier la bâtisse des écoles et des sociétés scolaires : la Nationale et la Britannique ont déployé une grande activité pour stimuler les libéralités des amis éclairés de l’instruction publique.