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Page:Revue des Deux Mondes - 1899 - tome 155.djvu/696

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la forme pneumonique (pneumonie pesteuse) que le médecin anglais Childe a parfaitement dégagée en 1897 ; il faut ajouter une troisième variété, la peste septicémique.

Les deux formes principales correspondent aux deux principaux moyens de pénétration du bacille pesteux : l’introduction à travers la peau ou à travers le poumon. Le microbe infectieux peut attaquer l’organisme en pénétrant à travers la peau par quelque excoriation préexistante, coupure, égratignure, érosion quelconque ; ou encore à la suite de la piqûre de quelque insecte, puce ou punaise ; ou enfin, par suite de la morsure de quelque animal infesté, rat, souris, ou singe. Le bacille chemine alors, par les vaisseaux lymphatiques, jusqu’aux ganglions voisins : il s’y arrête et en provoque l’inflammation. Ces ganglions enflammés sont les bubons.

La situation des ganglions atteints signale la porte d’entrée de l’agent infectieux. Si l’effraction du tégument a eu lieu au membre inférieur, ce sont les ganglions verticaux du pli de l’aine qui sont intéressés : si l’inoculation s’est produite à la racine du membre, ce sont les ganglions du pli de l’aine orientés dans le sens transversal. Si la piqûre a été faite à la main ou au bras, le bubon se produit sous les aisselles. Une tuméfaction des ganglions du cou, un bubon situé derrière la mâchoire, témoignent d’une piqûre infectieuse à la partie supérieure du tronc ou à la tête.

Ces bubons accompagnant les autres symptômes morbides, c’est-à-dire une fièvre intense et un délire bientôt suivi de prostration, caractérisent la peste ordinaire. C’est la présence de ce signe si évident, la tuméfaction bubonique, qui permet de reconnaître la peste dans les épidémies racontées par les anciens auteurs : c’est son absence, dans la description si complète de Thucydide qui nous empêche de la retrouver dans l’épidémie connue sous le nom de peste d’Athènes, qui ravagea l’Attique en l’année 430 avant Jésus-Christ, au temps des guerres du Péloponnèse. Une fièvre intense débutant par un frisson et atteignant, dès le second jour, la température de 41° ; un mal de tête violent s’accompagnant de délire et bientôt suivi d’une extrême prostration ; tels sont, avec un ou plusieurs bubons apparaissant en quelque point du corps, les trois symptômes classiques de la peste, dans sa forme commune.

Quelques manifestations accessoires, des vomissemens, des