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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/964

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viennent de s’écouler et qui ont apporté tant de changemens autour de nous et en nous, ne sont parvenus à dire clairement ce qu’ils veulent. Le plus grand effort des premiers a été de demander la révision de la Constitution ; soit ! mais après ? Le plus grand effort des seconds a été de faire de longs discours, dont quelques-uns étaient Tort éloquens ; mais après ? Ni les uns ni les autres n’ont encore révélé, sous une forme vive et précise, propre à frapper l’imagination du pays, le but qu’ils poursuivent à travers ce labyrinthe oratoire. Il est temps de déchirer tous les voiles, afin que chacun se montre tel qu’il est véritablement. Nous avons vu au pouvoir les radicaux alliés des socialistes ; ils ont déposé alors, à la vérité, le projet d’impôt sur le revenu ; mais depuis, qu’ont-ils fait ? Rien. Ils n’ont même pas profité de la liberté que donne l’opposition, en dehors des responsabilités du gouvernement, pour arrêter leurs idées en un programme définitif, ni pour combiner leurs efforts vers un but saisissable à l’esprit. Le seul objet qu’ils paraissent poursuivre est le pouvoir ; mais ils ne disent pas ce qu’ils en feraient, s’ils parvenaient à s’en assurer. On sent chez eux de la gêne, de l’embarras, de la défiance. S’ils comptent se présenter ainsi au pays, ce n’est pas nous, en somme, qui devrons nous en plaindre : et pourtant, dans l’intérêt de la grande consultation qui se prépare, on voudrait de leur part des allures plus résolues, une audace plus franche, une politique mieux définie.


FRANCIS CHARMES.

Le Directeur-gérant, F. BRUNETIERE.