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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/896

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En Thessalie, journal de campagne


DERNIÈRE PARTIE [1]


5 mai. — Nos chevaux sont sellés dès cinq heures du matin. Plus une âme dans les rues de Larissa. Cette ville si animée, si pleine hier, s’est vidée sans bruit, sans hourras exaltés de la part des hommes, qui sont partis avec tranquillité, comme s’ils allaient à la promenade. Nous traversons les camps établis en dehors de la ville : les tentes abandonnées sont encore là. Le train des équipages, c’est-à-dire la foule des chevaux de bât dont je vous ai parlé, les amènera plus tard.

Qu’on se représente, du côté du nord, la plaine de Larissa comme le fond d’une cuve dont le bord remonte doucement vers le sud ; mais précisément, en marchant droit dans cette direction, le dessus de la cuve est comme fendu, et c’est là que passe la route qui va sur Pharsale, entre des hauteurs de 480 mètres d’un côté, de 350 de l’autre, près des villages de Tekké et de Karadémirdji. Les Grecs sont postés sur ces hauteurs, commandés par le prince Constantin, avec 20 000 hommes et dix batteries d’artillerie dont une est venue de Kharditza. Il s’agit de les déloger. Contre eux trois divisions s’avancent directement, les deux autres étant dirigées sur des points très excentriques. Même, sur les trois qui

  1. Voyez la Revue du 1er octobre.