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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/871

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des époux dans les divers pays. Les divers annuaires statistiques nationaux, anglais, belges, allemands, coloniaux britanniques, le dernier Census des Etats-Unis (1890), fournissent des renseignement parfois plus récens encore permettant aussi, comme pour l’Allemagne, d’étudier le mouvement de la population non seulement dans l’ensemble du pays, mais encore dans chacune de ses régions principales, ce qui est très utile au point de vue social.

Une première observation se dégage quand on jette les yeux sur les tables statistiques du savant italien : c’est que la natalité va en décroissant quasi régulièrement quand on marche de l’orient à l’occident de l’Europe, surtout si l’on fait abstraction de l’Europe méridionale. Ainsi la très grande natalité, celle qui dépasse 40 pour 1 000 du nombre des habitans, n’est atteinte que dans les pays slaves et en Hongrie ; la Russie européenne qui occupe le point culminant de la natalité, compte régulièrement 48 à 50 naissances pour 1 000 habitans ; le taux de 50 pour 1 000 y a même été dépassé plusieurs fois en 1874, 1875, 1882, 1884. Viennent ensuite : la Serbie où la natalité va de 40 à 47 pour 1 000, se tenant le plus généralement aux environs de 44 ou 45 ; la Roumanie, où elle est à peu près au même niveau ; la Hongrie, qui de même comptait, jusqu’à ces dernières années, 40 à 42 naissances par 1 000 habitans, mais qui offre, depuis 1892, une natalité un peu moins forte. Tous ces pays sont des contrées à population très peu dense, où la terre est abondante, où le mouvement industriel et les voies de communication sont d’introduction récente, où les mœurs sont restées primitives, au moins pour le gros de la population. Le pullulement y est donc naturel ; toutes les conditions économiques et morales y poussent.

Dans cette partie de l’Europe, il n’y a guère qu’une exception à la très grande fécondité : c’est la Finlande, qui est, en réalité, un pays très distinct de la Russie, quoique réunie à elle sous un même sceptre, mais avec une constitution politique et sociale toute différente. La Finlande jouit seulement d’une natalité satisfaisante : 30 à 32 naissances par 1 000 habitans, après en avoir eu jusqu’à 37 à 38 dans la période de 1874 à 1879 ; elle suit le mouvement de tout le groupe Scandinave, où le taux de la natalité est modéré et en voie d’affaiblissement depuis une quinzaine d’années, ayant fléchi, pour la Suède, de 30 ou 31 pour 1 000 dans les années 1874-79, à 27 pour 1 000 dans les trois années 1892-1894, pour la Norvège de plus de 31 pour 1 000 dans la première période