Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/83

Cette page n’a pas encore été corrigée


ont à occuper ; ils ne gardent que des liens assez lâches avec leur maison d’éducation ; et c’est surtout dans des réunions d’études et de causeries, périodiquement convoquées, que tous les « frères » exerçant un même ordre d’activité, par exemple la gérance des « auberges hospitalières », ressaisissent le sentiment de la fraternité commune et échangent entre eux le profit de leurs observations pratiques.

Enfin toute maison de formation pour diaconesses ou pour frères est en même temps un champ d’expériences ; la leçon de choses est proche de la théorie, et les occasions de se dévouer sont voisines de ces séminaires de dévouement : au Rauhe Haus de Horn, l’institution qui forme les frères (Mutterhäus) et celle qui recueille les jeunes garçons (Rettungshaus) sont unies intimement. Fliedner joignit ensemble l’établissement de diaconesses et une école enfantine. Quant à l’établissement de Neuendettelsau, qui donne à la Bavière la plupart de ses diaconesses, il groupe dans la même enceinte, un hôpital, un asile de jeunes idiots, un refuge pour filles perdues, un atelier d’ornemens sacrés, une fabrique d’hosties, une école industrielle, un hospice, deux pensionnats. De cette juxtaposition d’œuvres variées, on attend deux sortes d’avantages : d’abord, en ménageant un contact entre des œuvres coûteuses comme des asiles et des œuvres lucratives comme des pensionnats, on les rend solidaires les unes des autres, et l’on subvient aux dépenses des premières par les bénéfices des secondes ; et puis les futurs instrumens de la Mission Intérieure, contraints de dépenser leur zèle en des tâches multiples, sont tenus en haleine pour toutes sortes de besognes, même imprévues.

Aussi les imaginations éprises de bienfaisance, se peuvent-elles mettre en campagne sans risquer de perdre le fruit de leurs rêves : elles ont à l’avance, dans le domaine de l’action, des concours assurés. En 1872, le pasteur de Bodelschwingh arrivait dans la banlieue de Bielefeld pour diriger un tout petit abri destiné au soin des maladies nerveuses ; il est devenu en un quart de siècle, grâce aux collaborations qu’il rencontra dans la Mission Intérieure, le fondateur et le directeur d’une vaste cité d’épileptiques. Cette cité se subvient à elle-même ; ce sont ses infortunés habitans qui la font vivre ; ils sont menuisiers, briquetiers, selliers, cordonniers, tailleurs, jardiniers, cultivateurs ; et la petite industrie de Bielefeld ne laisse point d’être surprise de ne trouver