Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/450

Cette page n’a pas encore été corrigée


Revues étrangères – Un romancier danois : M. Peter Nansen


Un heureux mariage ; — le Journal de Julie ; — Marie ; — la Paix de Dieu ; — la Première année à l’Université ; 5 volumes, Copenhague et Berlin, 1892-1897.


« Il n’y a pas de nos jours un seul écrivain dont l’œuvre soit aussi une que celle de Peter Nansen, et traduise aussi profondément révolution d’une âme. Chacun des livres du jeune romancier danois fait corps avec les autres : ils sont tous comme les branches d’un grand arbre, plein de vigueur et de beauté. Et il n’y a pas non plus d’écrivain moderne qui mette dans son œuvre autant de lui-même, de sorte que ses livres ont un double intérêt, nous touchant à la fois par leur haute valeur littéraire et par l’aspect nouveau sous lequel la personne de leur auteur s’y révèle à nous. »

C’est en ces termes qu’un critique allemand, M. Félix Poppenberg, appréciait naguère le talent de M. Peter Nansen : passant ensuite à l’analyse de ses romans, il y découvrait mille vertus plus fortes, plus nouvelles, plus précieuses les unes que les autres, la vérité des peintures et leur poésie, la grâce des sentimens, l’éloquence du style, sans compter cette « modernité », cette hardiesse dans le choix des sujets et dans leur expression, qui parait constituer désormais aux yeux des critiques allemands l’une des conditions essentielles de l’originalité littéraire. Et quant à la « personne » de M. Nansen, cette personne qui se reflète si fidèlement dans son œuvre et d’où vient à celle-ci un tel surcroit d’intérêt, voici comment M. Poppenberg essayait de la définir : « Nous y retrouvons avec une émotion infinie, disait-il,