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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 142.djvu/321

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Les principales sont Luzón, Mindoro, Panay, Samar, Leyte, Bohol, Cebû, Negros, la Paragua, Mindanao. Elles se répartissent en trois groupes : Luzón au nord, les Visayas au centre, Mindanao au sud, avec l’archipel de Joló. De l’extrême nord de l’île de Luzon à l’extrême sud de l’île de Joló, les Philippines s’étendent sur une longueur approximative de 260 lieues de 20 au degré et couvrent une surface de près de 295 000 kilomètres carrés. A 460 lieues de leur capitale, Manille, se trouvent les Mariannes, qui en dépendent ; une distance de 1 900 lieues à vol d’oiseau, de 2 600 lieues de route maritime par Suez, les sépare de l’Espagne.

La population s’élève, autant qu’on a pu la reconnaître, à 7 ou 8 millions d’habitans, dont 5 millions d’Indiens, 1 million d’Igorrotes, Remontados, Aetas et Moros (Arabes de Joló et de Mindanao), 500 000 métis, 100 000 Espagnols philippins, 12 000 péninsulaires ; auxquels sont venus, en dépit des lois restrictives, se joindre 40 000 Chinois. Population mêlée, hétérogène, comme on voit et plus encore qu’on ne le voit du premier coup d’œil, aux origines ignorées ou confuses, qui demeurent pour les savans une belle thèse, mais un problème ardu. Qu’est-ce, exactement, que les Igorrotes, les Remontados, les Tinguianes, les Aetas ? En décident les académiciens dont c’est l’affaire. Quant aux métis, nul ne débrouille le mystère de leur génération ; métis d’Espagnols et d’Indiennes ; métis d’Européens, Allemands, Anglais, Français et d’Indiennes ; métis sangleyes, de Chinois et d’Indiennes ; métis de métis et de métisses ; puis surcroisemens de tous ces croisemens : et guidez-vous donc par la forme des crânes à travers cet écheveau d’humanité ! Qu’ils viennent, au surplus, d’où ils peuvent, la politique n’a besoin que d’être fixée sur quelques points, et sur ces points, elle est fixée ; en très grande majorité, les habitans des Philippines ne sont, à aucun degré, Espagnols ; parmi ceux qui le sont à des degrés différens, la très grande majorité ne l’est qu’à un infime degré ; parmi ceux qui le sont à un certain degré, et parmi ceux-là mêmes qui se réclament du nom d’Espagnols, la très grande majorité n’est pas née en Espagne, n’a jamais touché le sol de la mère patrie.

Or, de quelle façon, avec quels instrumens l’Espagne