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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 141.djvu/715

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




31 mai.

Le seul événement qui se soit produit à l’intérieur depuis notre dernière chronique est la rentrée des Chambres, et cet événement n’a été suivi d’aucun autre. Nous ne sommes, à la vérité, qu’au début de la session d’été ; il est encore difficile de dire comment elle évoluera ; mais les premiers symptômes qu’elle présente sont ceux de la stagnation. On avait annoncé que, dès le premier jour, un grand combat aurait lieu entre l’opposition et le gouvernement. Ce combat aura peut-être lieu ; rien même n’est plus probable ; mais il a été renvoyé à plus tard, et nul ne sait encore sur quel terrain il sera livré. Les radicaux et les socialistes s’agitent beaucoup ; on le dit du moins, et il faut le croire ; toutefois, leur agitation n’a encore rien d’apparent. L’ennemi rôde silencieusement autour du ministère, cherchant le point faible par où il pourra l’attaquer. Il ne l’a pas trouvé jusqu’ici. La différence est sensible avec les sessions dernières. Aux mois d’octobre et de janvier, après les vacances, l’opposition radicale et socialiste était revenue pleine de confiance dans un succès qu’elle croyait assuré et immédiat. Le ministère n’avait-il pas duré aussi longtemps qu’un autre ? Le moment n’était-il pas venu pour lui de disparaître, et de laisser la place à un successeur impatient ? Toutes les traditions parlementaires ne le condamnaient-elles pas ? Un ministère de six mois est déjà vieux chez nous : quand il en a plus d’une année, on s’étonne qu’il vive encore. C’est le cas aujourd’hui pour le ministère Méline, qui présente un de ces phénomènes de longévité auxquels on a de la peine à s’habituer, et même à croire. Et pourtant, on hésite à lui livrer assaut. Autant l’opposition montrait d’audace