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pour le Saint-Siège d’être assuré au préalable qu’il serait tenu compte de ses revendications en faveur de l’indépendance du ministère ecclésiastique et de la liberté d’enseignement du clergé. En définitive, le cardinal Jacobini et M. de Schlœzer se séparaient sans qu’en apparence la question eût avancé. Pourtant on allait continuer de part et d’autre à examiner dans quelle mesure et sous quelle forme il était possible de tirer parti de la nouvelle loi, afin d’arriver à un état de choses moins épineux, moins anormal que celui qu’avaient créé les lois de Mai, et dont les inconvéniens avaient été à peine atténués par la loi de 1880 dite des pouvoirs discrétionnaires.


IV

Des mandataires officieux du parti conservateur prussien cherchaient à se ménager des intelligences dans la cour pontificale et à faire comprendre au Vatican que l’alliance de leur parti avec la fraction du Centre devait inévitablement se rompre, si le Pape persistait à ne pas faire les concessions auxquelles la majorité du Landtag de Berlin avait espéré l’amener en votant la dernière loi religieuse. D’autre part, le Saint-Siège se trouvait placé en présence de cette question très grave : les évêques, désormais en mesure de pourvoir, sans en référer au pouvoir civil, à beaucoup d’emplois ecclésiastiques demeurés vacans depuis plusieurs années, seraient-ils autorisés par Rome à subir les restrictions que leur imposait encore la nouvelle loi ?

Ces restrictions n’étaient pas sans importance puisqu’elles obligeaient les évêques, soit à ne confier les emplois ecclésiastiques qu’à des prêtres ayant satisfait, au point de vue de l’enseignement, aux exigences inscrites dans une des lois de 1873, soit à solliciter du gouvernement royal, dans chaque cas déterminé, des dispenses spéciales, dont la demande équivalait à peu près à cette formalité de l’Anzeigepflicht à laquelle le Saint-Siège refusait son assentiment. Mais, si le Pape demeurait inflexible, de graves divisions dans le Centre n’étaient-elles pas à craindre ? Ayant voté la dernière loi religieuse, les députés du Centre ne sauraient admettre, — prétendaient les partisans d’une attitude conciliante, — que le Souverain Pontife se maintînt dans une position qui aurait privé les populations catholiques des bords du Rhin, de la Westphalie, de la Silésie et du grand-duché de Posen, des