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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 141.djvu/335

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cette défense de nos frontières de mer, ils songent à parer aux inconvéniens d’un service qui relève des deux départemens militaires, à accroître le rôle, dans cette défense, de l’élément marin, notamment à confier l’armement de toutes les batteries du littoral au département de la marine qui trouverait ainsi l’emploi de ses réserves d’inscrits maritimes, en partie inutilisables avec nos équipages actuels, moins nombreux que par le passé. N’est-il pas évident que la mission plus spécialement militaire des préfets maritimes s’en trouverait notablement étendue, et que, dans ces conditions, l’idée de les remplacer par de simples délégués des commandans de nos escadres serait de moins en moins réalisable ? Il est vrai que nos réformateurs semblent vouloir laisser s’organiser la défense du littoral à côté des arsenaux, sans emprunter le concours des chefs militaires ; mais qui ne voit que leur système consacrerait la dualité du commandement autour de nos places fortes maritimes ? Ces considérations s’ajoutent aux précédentes pour confirmer nos conclusions.


II

Le contre-amiral major général a, comme attribution essentielle, le commandement des bâtimens en réserve. Cette institution de la réserve eut pour origine le développement, après la guerre de Crimée, de la marine à vapeur nécessitant l’entretien des bâtimens non armés et de leurs machines, avec la présence d’un personnel suffisant, au lieu des désarmemens d’autrefois qui consistaient à remiser les navires dépouillés de tout leur matériel d’armement et privés de tout équipage ; puis, après 1870, la nécessité, désormais reconnue, d’une prompte mobilisation de la flotte amena des développemens de l’institution. Désormais nos bâtimens de combat non armés sont classés en trois catégories, dont les deux premières sont tenues prêtes pour une mobilisation rapide ; dans la première même, déjà mis en rade, pourvus de tout leur matériel, de leurs états-majors et cadres complets, de presque tout leur équipage, ils n’ont plus à recevoir que les poudres, quelques vivres et un complément d’hommes, pour être prêts à prendre la mer dans les quarante-huit heures. L’administration de cette réserve, les mouvemens des navires dans le port et, en général, les services spécialement marins de l’arsenal constituent, en temps normal, les attributions du major général.