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Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 140.djvu/336

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sucrières ; elle est connue sous le nom de Vilmorin améliorée. Fibreuse, d’une structure serrée, ne présentant entre ses anneaux de tissu fibreux que de minces zones de tissu cellulaire, la Vilmorin, grâce à son réseau rigide, supporte les fortes fumures sans atteindre les énormes dimensions des betteraves fourragères et sans perdre ses qualités sucrières.

Si bien fixée que soit cette race, elle ne se maintient que par une sélection sévère des porte-graines. Leur analyse est toujours nécessaire. Si on se borne à choisir comme betteraves mères des racines de bonne apparence sans déterminer leur teneur en sucre, très vite la race dégénère. Les graines issues de ces sujets choisis seulement d’après leur forme ne produisent plus que des racines de médiocre qualité.

Il est facile d’en saisir la raison : les insectes ailés qui butinent d’une fleur à l’autre sont de puissans agens de métissage. Ils portent le pollen d’une variété sur les pistils d’une autre et, si dans le voisinage des porte-graines Vilmorin, ils trouvent d’autres betteraves, des croisemens s’établissent et les graines ne donnent plus que des racines qui, tout en conservant un bon aspect, ont perdu leur richesse.

La conservation d’une bonne race exige donc un travail incessant ; dans les établissemens où sont cultivés les porte-graines on dispose des appareils qui permettent de faire très rapidement le sondage, puis l’analyse des betteraves. On ne conserve naturellement comme reproductrices que celles qui présentent une grande richesse, et quand on en a obtenu les graines, avant de les mettre en vente, on en sème un petit nombre afin de s’assurer par l’analyse des sujets récoltés que tout le lot obtenu a bien conservé la richesse de la racine dont il provient.

Les procédés imaginés par Louis Vilmorin ont servi non seulement en France, mais en Autriche, en Allemagne, en Russie, pour créer des races de racines sucrières employées aujourd’hui avec grand avantage.

On compte sur un hectare de porte-graines de betteraves de 12 à 15 000 pieds, il fournit de 1 800 à 3 000 kilos de graines ; une racine ne produit donc que 150 à 200 grammes de graines et on conçoit combien il serait intéressant, quand on possède quelques sujets d’élite, d’en obtenir un poids de graines plus considérable. On a essayé dans ces dernières années de multiplier la production des betteraves de qualité supérieure par des boutures et