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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/899

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enrichi le petit nombre aux dépens de la masse, et privé les producteurs américains de leurs débouchés naturels…

… Nous critiquons la décision de la Cour suprême, qui a interdit l’établissement d’un impôt sur le revenu, lequel aurait permis d’équilibrer les budgets sans emprunt…

Nous demandons que l’immigration soit restreinte, de façon à ce que le travail pauvre (pauper labor) ne vienne pas faire concurrence au travail national…

Nous considérons que le marché national est affaibli par un mauvais système monétaire, qui appauvrit les fermiers et les empêche d’avoir les moyens d’acheter les produits de nos manufactures indigènes.

La concentration de la fortune aux mains d’un petit nombre, la consolidation de nos principaux chemins de fer, la formation de trusts et de syndicats, exige que le Gouvernement fédéral contrôle strictement ces artères du commerce. Nous demandons l’extension des pouvoirs de la Commission du commerce entre États, et telles restrictions et garanties dans le contrôle des chemins de fer qui protègent le peuple contre le vol et l’oppression…

Nous recommandons l’économie dans les services publics, dénonçons les gaspillages de l’administration républicaine, dont l’effet a été de surcharger les contribuables… Nous blâmons l’ingérence arbitraire des autorités fédérales dans les affaires locales, comme étant une violation de la Constitution. Les juges fédéraux, en s’attribuant à la fois le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au mépris des lois des États et des droits des citoyens, commettent un crime contre les institutions…

La doctrine Monroe, telle qu’elle a été professée à l’origine et interprétée par plusieurs présidens successifs, est une partie intégrante de la politique étrangère des États-Unis et doit être à tout jamais maintenue. Nous assurons de notre sympathie les Cubains dans leur lutte héroïque pour la liberté et l’indépendance. Nous sommes opposés à ce que les fonctionnaires restent en place pour la durée de leur existence. Nous désirons que les postes soient donnés au mérite, pour un temps limité… Nous déclarons que c’est une loi non écrite de la République, établie par un usage centenaire, sanctionné par l’exemple des plus grands et des plus sages parmi ceux qui ont fondé et maintenu notre gouvernement, que nul n’est éligible à une troisième présidence… Confians dans la justice de notre cause et dans la nécessité de son succès, nous soumettons les déclarations de principes qui précèdent et indiquons notre but au peuple américain. Nous demandons l’appui de tous les citoyens qui les approuvent, qui désirent les appliquer au moyen d’une législation venant en aide au peuple et qui souhaitent voir rétablir la prospérité du pays.

Pour bien comprendre divers points de ce programme, il faut se rappeler que les argentistes prétendent que, lors du rétablissement des paiemens en espèces en 1873, ce fut par surprise que le Congrès vota la libre frappe de l’or sans décréter en même temps celle de l’argent. La fausseté de cette allégation a été démontrée. La déclaration d’opposition à l’émission d’obligations vise les derniers emprunts des Etats-Unis, concédés à des syndicats de banquiers. La défense de démonétiser aucune monnaie libératoire par des contrats particuliers s’appliquerait aux arrangemens, si usités en Amérique, par lesquels le débiteur s’engage